2001, l'odyssée de l'espace. L'odyssée d'une espèce en péril

Pour tous ceux qui l'ont vu, à l'occasion d'une de ses nombreuses rediffusions, 2001 : l'odyssée de l'espace demeure une expérience unique. À tel point que, dans la plupart des référendums, il est classé "meilleur film de tous les temps" - ou au moins des trente dernières années. Choc visuel et émotionnel, 2001 est à la fois une superproduction et un film expérimental, une œuvre de pure science-fiction et une création qui englobe et transcende tous les genres. Car, outre sa beauté visuelle, 2001, qui aborde l'origine comme le futur de l'humanité, pose une véritable énigme philosophique...

 

Une ère nouvelle

Le premier plan de 2001 montre, isolée dans l'espace, la courbure supérieure, argentée, de la lune. Celle-ci descend vers le bas de l'image, laissant apparaître la Terre, au-dessus de laquelle s'élève à son tour le soleil... Trois cercles, trois globes, trois œufs, qui paraissent s'enfanter les uns les autres dans une boucle cosmique infinie. Tout le film de Kubrick ne cessera de nous proposer cette figure symbolique de l'enfantement. Parfois d'une façon allusive (la navette effilée pénétrant le moyeu de la station orbitale peut évoquer la fécondation), parfois si naturellement qu'on finit par ne plus y prêter attention (l'espace habitable du Discovery, qui n'est qu'une centrifugeuse tournant sans arrêt sur elle-même). Enfin, d'une manière la plus directe possible ainsi de l'image terminale, où ce qu'on a nommé le "fœtus astral" est bien enkysté au sein d'un œuf de lumière prêt à éclore. Pour ce qui est de la musique, on aura noté que Le beau Danube bleu de Strauss est une valse sans fin, un tourbillon orchestrant la vie et la mort des astres - l'une se nourrissant de l'autre.

Cette figure de l'enfantement, de la naissance (d'un monde nouveau, d'une ère nouvelle, d'un être nouveau ?) est donc bien au cœur du film, elle le sous-tend, lui donnant, par ce signe, un sens, qui pourrait illustrer cette phrase de Konrad Lorentz : "Nous sommes le chaînon manquant entre le singe et l'homme". Mais cet enfantement n'est pas seulement un espace inférieur, à quoi se résumerait la thématique de l'œuvre. II marque aussi, à l'extérieur, la naissance d'une ère nouvelle dans le cinéma de science-fiction.

 

Une rencontre au sommet

Les premiers contacts entre Arthur C. Clarke et Stanley Kubrick eurent lieu au printemps 1964. Le but avoué du réalisateur était de faire" le premier bon film de SF que les amateurs attendaient depuis toujours". Dès le départ, Kubrick semble avoir choisi le thème au sens large de son projet : les relations de l'Homme avec l'univers (au départ, le titre annoncé du futur film était Voyage au-delà des étoiles). Il est donc facile d'imaginer Clarke bien décidé à illustrer l'une de ses célèbres maximes : "La Terre est le berceau de l'humanité, mais on ne passe pas toute sa vie dans son berceau". II propose donc à Kubrick, comme point de départ. deux de ses nouvelles (lesquelles viennent d'être rééditées dans le volume "2001-3001, les odyssées de l'espace", qui comprend également les quatre romans de la saga, aux Presses de la Cité).

La plus connue est "La sentinelle" écrite en 1948, décrivant en quelques pages la découverte, sur la Lune, d'un artefact ne pouvant qu'avoir été laissé par une race bien plus évoluée que nous et devant servir de balise destinée à prévenir ses constructeurs que les Terriens ont accédé à l'âge spatial. Un autre texte, "Rencontre à l'aube", prolonge le premier - même si son développement n'a pas servi directement au futur film : l'équipage d'un vaisseau spatial fuyant une guerre cosmique qui embrase le cœur de la galaxie se pose sur un monde périphérique où il découvre une humanité primitive. Pour accélérer son évolution, l'équipage, avant de reprendre sa route, fait don aux primitifs de quelques objets utiles : pile électrique, couteau d'acier, etc. On ne se rend compte qu'a la dernière phrase du texte que ces primitifs sont nos ancêtres... Enfin, Kubrick avait été vivement impressionné par l'un des premiers romans de Clarke (parmi ses meilleurs) "Childhood's End" ("Les enfants d'Icare"), qui décrit la fin de la Terre, carbonisée par le soleil devenu nova - un évènement permettant à l'humanité, contactée par les "Suzerains", d'accéder à un stade supérieur de l'évolution.

Il n'est pas dans notre propos de retracer ici par le menu ce que furent les rapports, compliqués et parfois conflictuels, qui lièrent et opposèrent Clarke et Kubrick pendant les quatre ans que durèrent l'élaboration, l'écriture, le tournage de 2001... De nombreux problèmes surgirent, par exemple au sujet de la forme du monolithe (au départ une pyramide transparente, comme dans "La sentinelle", qui se révéla impossible à réaliser), de l'épisode préhistorique (prévu comme un flash-back situé à la fin du film), de HAL. (qui avait été envisagé avec une personnalité et une voix féminines et se serait appelé Athéna), de la possible représentation des intelligences cosmiques, de la fin du film surtout, et de sa philosophie. De manière générale, la lutte peut se résumer en la différence de personnalité entre Clarke, homme de raison, auteur "vernien" voulant tout expliquer et Kubrick, homme d'images et de poésie qui, demeurant le seul maître à bord (même si Clarke avait semble-t-il espéré un temps co-signer la réalisation ), vida son film de toute explication trop évidente, ce qu'il résuma en déclarant: « j'ai essayé de créer une expérience visuelle, qui contourne l'entendement et ses constructions verbales, pour pénétrer directement l'inconscient émotionnel et philosophique».

On sait que Clarke, qui avait pris de l'avance, écrivit son roman parallèlement au difficile façonnage du scénario. "2001 ", le livre, fut terminé courant 66, et Clarke aurait voulu qu'il soit immédiatement publié. II aurait porté, comme noms d'auteurs :"Un roman d'Arthur C. Clarke et Stanley Kubrick, d'après un scénario de Stanley Kubrick et Arthur C. Clarke". Kubrick s'opposant formellement à sortie avant le film, la publication fut repoussée d'autant, c'est-à-dire de deux ans. Et seul le nom de Clarke figura sur la couverture ! Il n'est donc pas exagéré de considérer la fabrication du film comme une grossesse difficile tiraillée entre deux parents voulant chacun modeler le futur enfant selon ses propres idéaux. En ce sens, nul doute que Clarke est le père, la face Yang du binôme, qui brandit comme un fer de lance la science dure, et Kubrick le Yin, mère féconde qui accouchera d'un enfant ne ressemblant guère à son père. Quelle sorte d'enfant ?
 

A l'aube de l'humanité

C'est le titre de la première partie du film, son prologue qui, se déroulant sensément dans "le berceau de l'humanité", soit l'Afrique australe, nous montre comment une petite tribu reçoit du monolithe l'étincelle d'intelligence qui lui permettra de progresser. Avant tout autre considération, notons que le fameux monolithe, structure dressée vers le ciel, est venu se planter en plein centre d'un cercle où se trouve une mare - un élément liquide, donc matriciel. Le symbole, là encore, est clair. Ce qui l'est moins, c'est la représentation des hominidés destinés à l'évolution : minces, de petite taille, noirs de poils (qui couvrent intégralement leur corps), de faciès indéniablement simiesque, ils ne semblent correspondre à aucune catégorie de nos lointains ancêtres recensés par la paléontologie (on sait que les acteurs en furent des danseurs, choisis pour leur structure corporelle la plus grêle possible, mais, très curieusement, il est patent que les deux seuls enfants de la tribu, visibles dans les bras de leur "mère", sont deux jeunes chimpanzés, reconnaissables à leurs grandes oreilles !). L'aube de l'humanité parait donc être située très loin dans le temps. Les créatures visitées par le monolithe pourraient physiquement être apparentées au Kenyapithecus, qui vivait il y a quatorze à huit millions d'années environ. Mais cette hypothèse est contredite parle fait que son habitat était la forêt. À l'Autralopithecus afarensis, alors ? À ce bras de l'évolution appartient la fameuse Lucy, "l'Eve africaine", dont les ossements, découverts dans la région de l'Afar en Ethiopie, en 1974, ont permis de comprendre plus complètement le mécanisme de l'évolution par différenciation successive... Même si Clarke et Kubrick ne pouvaient connaître Lucy, ce serait déjà plus vraisemblable. Car on peut dater de l'époque de Lucy l'effondrement de la Rift Valley qui, partageant l'Afrique centrale en deux au niveau du Kenya actuel, rejeta ceux qui resteraient des primates dans les forêts profondes de l'Est et força les populations de l'Ouest, confrontées à un environnement plus sec, plus pauvre, à un effort d'adaptation qui en ferait des hommes...

Le malheur est que Lucy, disparue avec les siens sans descendance, n'est pas davantage notre ancêtre, qu'il faut chercher parmi les homo habilis, apparus un million d'années plus lard. Et, si l'on en croit les théories les plus récentes basées sur analyse de l'ADN, la véritable "spéciation" séparant radicalement les espèces antérieures de nos ancêtres les plus directs - ceux qui commenceraient véritablement à se servir d'outils - ne remonterait qu'a une période comprise entre 100.000 et 50.000 ans. Coupage de cheveux en quatre ? Non, si l'un daigne se souvenir que (Clarke et Kubrick avaient bien l'intention de nous donner une image aussi exacte possible de l'évolution. Force est alors de constater qu'on en est loin. La savane où évoluait Lucy et les siens a été remplacée par un véritable décor lunaire où rien ne pousse, où rien ne devrait pouvoir vivre, à part qu'on y trouve en abondance ces cochons noirs (en réalité des tapirs) qui paraissent partager l'habitat des hominidés (pourquoi?), ainsi qu'une panthère (vivant) et un zèbre (mort), présents lors d'un unique tableau crépusculaire d'une beauté picturale par ailleurs saisissante.

La vérité est ailleurs... naturellement! Clarke et Kubrick (mais Kubrick essentiellement) n'ont pas cherché, quoi qu'ils aient pu déclarer, à jouer la carte de naturalisme, mais bien celles, liées dans le même jeu, du symbolisme et de la poésie. Qu'a voulu dire Kubrick, ce sceptique invétéré ? Que le début de l'intelligence était le début de la fin, l'étincelle "divine" n'insufflant à ses hominidés que l'art de la guerre, et transformant, qui plus est, des végétariens en carnivores (ce dernier accent semble avoir mis Clarke hors de lui!). On comprend alors mieux pourquoi les hominidés promis à un si proche et si riche la spatial s'avèrent tellement semblables au singe : leurs grimaces guerrières n'en sont que plus grotesques. Le bébé de l'intelligence est un étrange rejeton.
 

Un rêve anticipé

II ne sera pas question, dans ce court survol d'une œuvre immense, de traiter de l'an 2001 de la fiction (à savoir: vu des années 69/68) par rapport à l'an 2001 de la réalité. Il est, bien entendu, tout aussi faux que la préhistoire puisque nul Hilton de l'espace, nul gigantesque base lunaire n'illuminent nos cieux étriqués. Un âge de l'espace aussi néanmoins somptueux et aussi rapproché était-il concevable à 35 ans d'écart ? Selon Clarke, sans aucun doute, puisqu'il note : "Dans les années 50, en écrivant mes premiers romans, je prévoyais que l'Homme poserait pour la première le lais le pied sur la lune en 1978; j'étais en retard de dix ans...". Il ne se doutait pas, hélas, que ce qu'avait permis la technologie, l'économie, en maîtresse impitoyable lui couperait bien vite les ailes, et qu'en 2001 il ne serait plus question de Lune. De Mars, en revanche, timidement, et avec des projets qui repousseraient l'espoir d'exploration humaine à 2025 ou 2030. Quant on l'interroge aujourd'hui (ce que l'auteur de ces lignes a fait voici un an), Clarke répond : "Je me suis trompé sur la date, et je ne verrai jamais la base lunaire de mes rêves, mais il yen aura une, dans un siècle!". Pour en finir avec les fausses prévisions, et aborder le problème de HAL (à savoir intelligence artificielle et son dépassement de l'intelligence humaine -ce qu'explorerait dès l'année suivante, en 1969, et de manière très semblable, le film de Joseph Sargent Cerveau d'acier, d'après le roman de D. F. Jones), nous en sommes encore aux interrogations. Clarke, encore, répond aujourd'hui, s'en tirant avec les plaisanteries qui lui viennent si facilement aux lèvres: "Le jour où un ordinateur inventera une blague vraiment originale, nous saurons que l'intelligence est là..."

Pour en revenir à une appréciation plus argumentée de la seconde partie du film (laquelle, il est bon de le rappeler, est incluse clans le chapitre À l'aube des l'humanité - l'ellipse entre le temps des hominidés africains et les voyages lunaires étant génialement figurée (c'est une idée de Kubrick) par le fondu entre l'os de tapir tourbillonnant et la valse des satellites, on notera là encore plusieurs essais avortés de conception. Le plus frappant est naturellement la déconnexion de HAL par David Bowman, qui s'apparente d'abord au meurtre d'un père (la voix grave et paternelle de HAL tentant de dissuader l'astronaute d'accomplir l'irréparable), puis au meurtre d'un enfant - â mesure que, son cerveau se vidant, l'ordinateur retombe dans les premières années de son existence virtuelle, donc "retombe en enfance". Parricide, infanticide liés. Alors quelle relation avec la conception? Elle est des plus directe : HAL est bien l'enfant des hommes, qui l'ont créé, et qui maintenant, par la main de celui qui pourrait bien être l'ultime représentant de l'humanité (en tout cas dans l'œil du spectateur) vont l'avorter in utero : l'environnement, rouge sang, de l'antre de HAL ne peut qu'être ressenti comme organique entrailles féminines dont on va arracher le fruit. N'oublions qu'au départ HAL. était de sexe féminin...

Cette séquence - volontairement très étirée dans le temps subjectif pour lui donner plus d'intensité- n'est pas la seule à revenir sur cette donnée obsessionnelle. Bowman, prisonnier de la capsule de secours et tentant en vain de pénétrer l'intérieur du Discovery ("Ouvre la porte, HAL.. Ouvre la porte, s'il te plait") peul être assimilé à organe masculin acharné à pénétrer un organisme féminin pour le féconder (il y parviendra, à la manière d'un viol, figuré par l'explosion de l'opercule d'acier de la porte extérieure, et l'un a vu ce que sera cette fécondation...)

En quelque sorte, le valse de Vienne, au fur et à mesure que se déroule le film, tourne de plus en plus à la valse-hésitation, dans les méandres de laquelle Kubrick s'ingénie malignement à défaire ce que Clarke avait voulu construire : le futur radieux de l'humanité. De manière caractéristique, à un stade avancé du scénario, Stanley Kubrick avait envisagé de tuer tous les membres de l'équipage, le vaisseau ne finissant par rencontrer les intelligences cosmiques qu'une fois vidé de tout occupant humain !Cependant, comme le réalisateur n'en était apparemment pas à une contradiction près, il avait également pensé faire revivre Frank Pool après son meurtre par HAL. Ironiquement, Clarke reprendra l'idée 25 ans plus rand, en écrivant l'ultime volet de sa saga, "3001, l'odyssée finale", dans lequel il décongèle l'astronaute à la dérive dans l'infini.
 

Stargate

La signification profonde de 2001 a occupé d'innombrables articles et plusieurs ouvrages entiers. On peut effectivement se poser le question: où tout cela (l'élévation de l'humanité vers l'âge spatial) nous mène-t-il ? Selon les deux concepteurs, pour une fois d'accord, il était inutile d'essayer de donner une représentation des galactiques ou de leur monde (même si cela a été un temps envisagé car alors, dixit Kubrick, "il aurait été difficile de faire autre chose que du Star Trek". En résulte donc le trip visuel vécu par Bowman après que celui-ci soit passé à travers ce que le scénario nomme la "Porte des étoiles", et son évolution accélérée vers la vieillesse et la mort, une fois celui-ci enclos dans un nouvel œuf, cet appartement Louis XV qui ne peut être qu'une création des E.T.., et que les auteurs appellent le "zoo humain' - en référence naturellement à l'ouvrage célèbre de Desmond Morris, où le zoologue étudiait le comportement de nos semblables de la même manière que nous avons pu étudier celui des animaux en captivité. À travers le seul Bowman - un être à la pointe de l'humanité puisque personne d'autre que lui n'est allé aussi loin - les entités cosmiques à jamais indescriptibles et inconnaissables veulent-elles continuer à étudier notre évolution comme elles ont étudié celles des australopithèques? Et conclure que le moment est venu de nous donner un autres coup de pouce ? C'est ce qu'il semble à la vision du dernier plan de l'ouvre quand, l'œuf-appartement ayant donné naissance à un nouvel œuf, cosmique celui-là, le fœtus astral, nimbé d'une lumière surnaturelle, prend place parmi la ronde des astres et dérive lentement vers la Terre. Premier enfant de l'humanité futur ?On rejoint ici, après un bien grand détour, la conclusion de "Childhood's End" et une moralité enfin clarkienne: l'Homme a quitté son berceau mais, de ce fait, il n'est plus un homme, il est devenu autre chose, il a gravi un échelon encore.

Curieusement, Kubrick n'a pas retenu pour sa conclusion en pointillés une donnée présente aux dernières lignes du roman de Clarke, et qui aurait pourtant assez bien correspondu à ses obsessions : le déclenchement, sur Terre, d'une guerre nucléaire (prolongement de la guerre des clans autour du trou d'eau africain), avec ces mégatonnes qui explosent en silence sur une simple pensée de l'Enfant. S'il avait adopté cette solution, Kubrick aurait tracé un lien évident avec la fin de son film précédent, Docteur Folamour, lui apportant a posteriori une conclusion optimiste. Mais c'est peut-être précisément ce qu'il a voulu éviter.

Ce qui est sûr en tout cas, c'est que le message de Kubrick reste, volontairement, en grande partie illisible. Et n'est-ce pas justement à cause de cette opacité si lumineuse que son film, outre son aspect novateur et son incomparable beauté formelle, est considéré confine l'une des œuvres les plus riches de l'Histoire du Cinéma et pas seulement du cinéma de science-fiction ? À l'égal de tous les grands films d'Hitchcock, mille fois copiés, démontés, rédupliqués mais jamais égalés, 2001 : l'odyssée de d'espace a été pillé séquence par séquence depuis plus de 30 ans. Aucun réalisateur n'en a jamais approché l'énigmatique beauté. À l'égal des œuvres d'Hitchcock, 2001 fécondera de nombreuses gloses toutes plus savantes les unes que les autres. Et pourtant nul n'en percera jamais le secret.

Sa postérité, c'est cela aussi : le fait qu'il soit une machine à questions sans réponse, qui se nourrissent les unes aux autres en une ronde sans fin, le fait que sa genèse engrène d'autres genèses qui nous entraînent bien loin dans le puits sans fond de notre intelligence... au-delà de l'infini.

Jean-Pierre Andrevon, article paru en 2001