Débats avec les principaux intéressés par l'enigme SBF / ummo-sciences
Reponses directes aux questions générales.
Premières critiques méthodologiques sur la gestion scientifique du dossier ummo.
Premières critiques de l'approche scientifique de Jean Pollion.


Reception d'un courrier collectif du groupe de recherche alternatif, critiquant les dernieres lettres ummites NR-13,14,15 de mai 2003 provenant d'une source dite fiable.

Ma réaction : Depuis que j'ai été impliqué par l'enigme SBF, on me demande mon avis sur divers problèmes d'interpretation touchant les champ des sciences cognitives, des sciences sociales et humaines. Je reponds à cette lettre collective.


Sujet : Re: A propos des lettres ummites transmises par XXXXXXXXX

24 juillet 2003.

Bonjour,

Je ne suis pas un spécialiste du dossier ummo, j'étudie les lettres depuis le mois de mai. Je n'ai pas non plus la moindre idée de ce qui se cache derrière les lettres ummites. J'ai quelques idées qui complètent les diverses analyses sur les nouvelles lettres NR13, NR14; NR15.

Je suis de l'avis de monsieur XXXXX. J'ai l'impression qu'il s'agit là d'une manoeuvre floue qui reprend certaines positions des interventions de Seth Brundle Fly (SBF) pour les recadrer dans un contexte politiquement
correct. [ note : il s'agit des interventions privées qui constituent l'autre versant de l'énigme SBF]

Surtout lorsque je vois XXXXX faire des efforts pour tuer la réflexion de SBF en disant tout simplement qu'il n'y a rien à voir ni à penser. Encore une manoeuvre pour orienter le débat sans poser la moindre argumentation.

Je vois encore se dessiner des manoeuvres ethnocentriques, lorsque je consulte les archives du site ummo-open. Les interventions ne font que tourner autour du pot, on réinvente sans cesse la roue pour cacher le déficit de la réflexion politique et épistémologique.

Je suis donc très réservé sur la gestion scientifique et culturelle de ces nouvelles lettres de la part des responsables. Ils emploient en effet un double langage.

D'un coté ils disent prendre des précautions élémentaires pour l'analyse et d'un autre ils orientent très fortement la réflexion. Je note cela en constatant les réactions disproportionnées de certaines lecteurs à l'esprit fragile. J'en vois aussi qui usent de la manipulation mentale pour garantir leur autorité.  Tout cela est bien dommage, cela touche les bas fonds.  J'ai déjà connu ce genre de dérapages dans des dialectiques experts/profanes dans l'analyse culturelle
(arts et spectacle) et l'expertise anthropologique (touchant toutes les disciplines aussi bien les sciences "dures" que les sciences dites "molles").

J'ai également quelques hypothèses sur ces nouvelles lettres :

- Les nouvelles lettres sont des hoax purement terriens pour tester le réseau XXXX / XXXX ou pour le favoriser.

- L'expérience ummite continue avec un retour vers le discours infantilisant et rassurant. Ce qui pour moi est un constat triste qui suppose un retour en arrière alors que les interventions de SBF nous ont donné l'occasion de
sortir des dogmes et des guerres de chapelles pour se rapprocher un peu plus d'une vision épistémologique unifiée et non totalitaire.

- Les services secrets reprennent la main pour canaliser les émotions et orienter  les débats sur des questions triviales. Une idée émise à la fois par SBF et XXXX, reprise ensuite lors des débats sur l'interpretation de l'énigme SBF / Duncan.

- Il se dessine une guerre d'influence médiatique et culturelle, pour représenter "le bon courant de pensée ummite", pour favoriser une interprétation au détriment d'une autre, pour mettre en opposition différents courants de pensée. J'ai l'impression d'assister à une querelle des savoirs ou pire de voir les signes d'une prochaine guerre de l'information (psywar) sur l'ufologie ummite.

Ma conclusion :

Ceux qui sont capables de prendre du recul et d'analyser la situation - en posant un doute cartésien préalable et en suspendant leur jugement - auront l'avantage sur ceux qui pris dans les querelles dogmatiques laisseront de coté une vigilance minimale pour se perdre et s'épuiser  inutilement.

Cordialement.

Mel Vadeker


En réponse à la question d'un membre de la liste ummo-sciences :
"Est-ce que vous m'autorisez à reproduire votre lettre sur la liste ummo-sciences ?"

Re: Re: A propos des lettres ummites transmises par XXXXXXX

24 juillet 2003

Je ne vous autorise pas à repositionner ma lettre sans mon autorisation. J'espère que je suis assez clair.

Je préfère publier moi même ma lettre sur mon site. Pour plusieurs raisons : je ne suis pas ufologue et je ne compte pas m'investir dans l'étude du dossier ummo. J'ai été sollicité à plusieurs reprises depuis le mois de mai.
Cela a été même jusqu'au harcèlement, j'ai donné une masse considérable d'information sur l'énigme SBF/Duncan
dans une interprétation purement ethnométhodologique. Il y a eu un travail coopératif avec les principaux
interlocuteurs de Seth.

Je vous passe les détails sur l'enquête que j'ai vécu, audit de mon site et enquête sur ma vie. Là il y avait vraiment de quoi s'étonner, c'est pour faire cesser des fantasmes et certains délires que j'ai investi un peu de mon temps
sur  ces questions ufologiques ummo.

J'ai démontré à plusieurs reprises avec des arguments convaincants, les tactiques de SBF/Duncan. Cela a
permis à de nombreuses personnes de reconsidérer les apports de Seth comme plus riches et plus instructifs.

Un autre point de conflit fut celui de mon implication personnelle dans la tactique SBF. Là, j'ai cru halluciner car j'ai bien vu, et je n'étais pas le seul à le remarquer. SBF a une capacité remarquable à manipuler les données de connexions informatiques et à brouiller les pistes allant même jusqu'au faire disparaître certaines informations le concernant.

L'analyse de sa stratégie fut longue, presque 2 mois. Il y a eu plus de documents échanges d'une manière
privée provenant de la source SBF / Duncan à destination du groupe XXXXXX que sur la liste ummo-sciences.

C'est très compliqué à analyser, il y a un jeux d'interprétation et de construction/deconstruction proprement fascinant. C'est pour cela que j'ai aider du mieux certaines personnes car j'ai une capacité d'expertise sur ce genre les problèmes cognitifs et de construction du sens. C'est là ou s'arrête mon domaine de compétence sur le dossier ummo.

Au final, je peux dire que je n'ai pas la même "mentalité" que SBF même si nous partageons certains thèmes de réflexions.  Il y a évidement un lien un faire entre les positions philosophiques décrites dans les lettres ummites et l'épistémologie unitaire sur le fondement axiomatique des connaissances comme on peut le formaliser dans l'ethnométhodologie et l'anthropologie responsable. Il ne s'agit pas d'une école de pensée mais d'une tradition de recherche purement universitaire qui remonte à très loin dans le passé, et qui s'inscrit dans la durée en donnant des liens avec de nombreuses disciplines sur les recherches sur le savoir de "sens commun".

Toute cette histoire "SBF / Duncan / Ummo /services secrets / etc." me dépasse complètement, je n'y comprends rien. C'est comme une modélisation à l'échelle réduite de l'histoire des lettres ummites sur des décennies : un travail sur l'interprétation de documents publics et privés émanant d'une source non identifiée intéressant les services secrets et portant sur des reflexions/propositions extraterrestres.

SBF / Duncan se sont servi de mon site et de bien d'autres choses personnelles concernant les projets respectifs des principaux interlocuteurs. Tout le monde est largué, dépassé. L'énigme SBF fonctionne comme un générateur de concepts et d'idées et personne ne comprend très bien comme cela fonctionne. D'après ce que l'on m'a dit, des gens ont travaillé et ont eu  beaucoup d'idées nouvelles.

Mon opinion personnelles, Seth à fait en sorte de m'impliquer indirectement dans le dossier ummo, pour éveiller ma curiosité et m'obliger à sortir de mes recherches habituelles. Il est très probable qu'il soit un des mes anciens correspondants qui est intervenu dans mon site dans les années 1996 sous l'identité de Brundle. J'ai n'ai pas beaucoup de souvenirs de toutes mes correspondances ni de mes relations passées avec différents réseaux de recherches. Cela remonte à loin et les niveaux relationnels trop complexes pour que je m'y retrouve.

Pour  répondre à vos interrogations, je ne vais pas produire une littérature sur l'histoire SBF / ummo-sciences.
Je vais juste mettre en ligne ma correspondance sur ces questions afin d'éviter de me répéter et pour qu'on me fiche un peu la paix.

Croyez bien que je ne suis pas comme SBF, je le trouve calme et distant, un rien indiffèrent et ne s'engageant pas emotionellement. Il est plutôt gentil, amical et pondéré. Moi c'est le contraire, j'ai l'esprit combatif, un tempérament guerrier. Si je m'étais impliqué dans le dossier ummo cela aurait provoqué beaucoup plus d'émotions et de chocs des idées. Certains même y aurait laissé des plumes. Je n'aurais pas fait de cadeau ni défendu de positions, j'aurais déconstruit chacun des raisonnements scientifiques pour révéler les failles  et mon  expertise dans ce domaine est assez large.

Il ne s'agit pas de mon combat, mais de celui de SBF. Il fait ce qu'il veux moi je fais ce que je veux. Je ne sais pas qui est derrière SBF et cela ne m'intéresse pas, j'ai la même position sur les lettres ummites.

Si on me cherche et on me provoque, je peux prévenir que cela risque d'être un cataclysme pour cette micro-communauté ummo-sciences.  Je peux facilement remettre en cause l'édifice théorique de l'analyse de Jean Pollion sur les Soncepts ainsi que son expertise anthropologique sur l'interpretation de corpus littéraires en provenance d'ummo. Cela ne m'intéresse pas de m'engager sur ce terrain. J'ai bien vu que SBF a fait un pas
pour aider et j'ai vu également comment il a été traité, comme un chien. Et là je mesure mes paroles.
Si on m'avait traité de la sorte, je me serait lancé dans une exégèse des lettres et une critique radicale des positions scientifiques. Au lieu de s'énerver SBF a laissé le champ libre pour une analyse personnelles sans contraintes. Je le trouve plutôt sympathique et bienveillant même pour ceux qui lui veulent du mal.

Je vais utiliser cette lettre également dans mon site. C'est comme cela que je procède. J'utilise ma correspondance
pour expliquer ma position. Je n'ai pas le temps de construire une analyse longue. Je ne me sens aucunement concerné par les débats et les querelles ufologiques. Je ne fais que réagir aux attaques et agressions verbales en provenance de la liste ummo-sciences

cordialement.


26 juillet 2003

Cher Mel,

Il est très agréable de communiquer avec vous. Si je voulais publier le message que vous aviez envoyé, c'est bien parce qu'elle permettait de casser le dogmatisque éclésiastique que font régner certaines personnes sur cette liste.

Si vous pensez que SBF a manoeuvré de manière à vous inciter à rentrer dans ce dossier, vous êtes-vous aussi demander pourquoi il vous y incitait ? Il doit bien y avoir une raison. Ce n'est sans doute pas gratuit.

Je ne possède pas vos connaissances en ethnométhodologie, les miennes se situent dans le champs des mathématiques. Les mathématiques ne pensent pas la pensée, mais sont une matière première épurée pour voir comment procède la pensée.

Le cataclysme dont vous parlez pour la communauté ummo-sciences, serait constructif, je n'en doute pas. Allez-y.

Amicalement,
XXXXXX


Sujet : sur la méthode Pollion
Date : 26 juillet 2003

Cher XXXX,

Je précise que je n'ai pas encore lu le livre de Jean Pollion et que je ne suis pas un spécialiste des lettres ummites. J'ai quand même une opinion sur ses recherches tel qu'il les décrit lui même.

J'ai  remarqué également que les propositions de SBF ne sont pas stupides. Elles constituent un position alternative à l'étude des lettres et une critique sur la méthodologie. C'est donc un discours qui me parle.

ici se trouve un document intitulé (fichier word)
UMMO. Des preuves incontestables de la présence d'E.T. sur Terre entre 1966 et 1996.
Par Jean Pollion
http://archives.youhaveadream.org/ml/ummo.sciences-200211/doc00000.doc
http://www.ummo-sciences.org/livres/pollion.htm

Que les lettres ummites soient d'origine humaine ou extraterrestre ne change pas le problème de la méthodologie, c'est à dire de la stratégie d'enquête. Jean Pollion fait un travail de sociologie ou d'anthropologie culturelle, il
analyse un corpus de données en provenance d'une culture supposée exotique.

Ce que je remarque c'est que son raisonnement sociologique est dans la continuité de la tradition sociologique positiviste qui en construisant des inductions non vérifiées imposent un raisonnement pour l'ensemble du champ d'étude. C'est une position critiquable qui suppose que le principal intéressé (Jean Pollion) soit capable d'atteindre l'universel et de s'affranchir de sons propre ethnocentrisme.

Cette lutte épistémologique entre différents courants de recherches anthropologiques ne date pas d'hier. Elle a été formalisé dans les années 60 aux USA et repose aussi sur la philosophie  (courant de la phénoménologique
européenne du début du siècle). On peut même faire des liens avec différentes traditions scientifiques ou culturelles. Elle nait d'un constat de révolte sur la prétention de certains dogmes à imposer des vérités universelles empêchant ainsi que l'on puisse en critiquer les fondements.

Critiquer les dogmes et les théories généralisantes n'est pas un constat d'échec de la science mais une volonté d'introduire une rigueur dans le champ négligé de l'intentionnalité du chercheur et du rôle de la subjectivité dans
l'activité scientifique. Par exemple l'ethnométhodologie ne prône pas le relativisme mais un doute cartésien sur le fondements des connaissances pour s'abstraire ou éviter des erreurs méthodologiques courantes ou des pièges dans le raisonnement. Dans un sens cette rigueur est très proche des mathématiques, puisqu'elle impose l'usage de procédure de vigilance pour formaliser un travail anthropologique quel qu'il soit.

Sur le document de Jean Pollion on trouve les phrases suivantes :
http://archives.youhaveadream.org/ml/ummo.sciences-200211/doc00000.doc
http://www.ummo-sciences.org/livres/pollion.htm
************************

[...]
Les résultats :
- Quelques 1345 vocables ont été répertoriés (et environ 393 expressions) de cette "curieuse" langue (il y en a peut-être quelques dizaines de plus, selon les documents non encore publiés ou non encore venus à sa connaissance, ou même "oubliés"). Un vocable est le plus souvent l'équivalent d'une expression très détaillée de nos langues.
- L'auteur pense avoir compris l'architecture de cette langue, construite sur 18 "briques logiques", un principe et 3 conventions logiques. Pour le démontrer, il a réalisé le "dictionnaire" des 1345 vocables, avec justification "étymo-sémantique" pour chacun, et avec seulement quelques incompris (couverture >99,7%) !
- L'auteur démontre que cette langue a une sémantique inconnue sur Terre et que si nous pouvons la comprendre, notre forme de pensée (Russell et Wittgenstein) fait obstacle à une capacité d'expression dans cette langue. Elle ne peut donc avoir été créée par un Terrien.
- Elle sera, en tout état de cause, difficile à comprendre de manière fluide à l'écoute, du fait de la différence de sémantique.
- L'auteur met en évidence que cette sémantique est l'expression d'une structure de pensée que nous pouvons [péniblement] comprendre, mais qui est inconnue sur Terre. L'expression de notre pensée habituelle est incompatible avec la sémantique de cette langue (logiques différentes avec des contenus de niveaux informatifs différents).
- En outre, et à titre complémentaire, une fois la langue reconnue et comprise, l'analyse logique globale du dossier conduit à une impossibilité statistique de création terrienne.
- L'auteur démontre accessoirement en quoi les conclusions de l'étude photographique faite par Claude POHER sont incohérentes et biaisées, et donc à rejeter.
- Une analyse un peu plus approfondie confirme que cette langue et cette pensée paraissent de très bons outils [nécessaires, par rapport à nos langues] pour supporter la théorie unitaire multidimensionnelle [plus que nos 4 connues] de structure de l'Univers qui est présentée. Il faut, naturellement, avoir accepté de l'examiner et en avoir compris l'essence pour accéder à cet aspect des conclusions.

Son constat et ses démonstrations peuvent-ils être considérés comme des preuves scientifiques ?
"Quand l'autruche a la tête dans le sable, elle affirme qu'il fait nuit !"  (proverbe zoulou)
Celui qui ne veut pas voir, ne verra jamais ! (équivalent français)
Chacun sa vérité. Pour sa part, l'auteur est sûr que oui, car le faisceau d'indices indubitablement convergents ne peut être le fruit du hasard (cohérence complète du système sur plus de 1345 vocables à 6 "soncepts" en moyenne, dont des concepts logiques compliqués à contenu scientifique contrôlable et sur les expressions).
La démarche est scientifique : tout est vérifiable et reproductible par quiconque. Les données sont disponibles. Et les démonstrations restent discutables par tous, et en attendant que quelqu'un trouve mieux…

Les contenus
L'origine terrienne de la langue et donc des contenus est totalement exclue !

Au delà du constat linguistique exposé ci-dessus, et de la totale cohérence des vocables ummites parsemés dans les documents avec les contextes, leur contenu même invite à une profonde réflexion sur nos rapports au "réel", sur nos méthodes de travail scientifique, sur notre épistémologie.
De très nombreuses idées compréhensibles à travers les exemples de la langue confirment avec éclat le caractère "non terrien" de cette forme de pensée.
Elles sont autant de portes entr'ouvertes sur de nouveaux développements de la connaissance, dans le fonctionnement du corps humain, de la pensée et la maîtrise de l'espace avec ses corollaires sur de nouveaux accès à une énergie disponible, mais que nos attitudes "intellectuelles standard" nous empêchent d'envisager.
Avec la compréhension de la langue apparaît la surprenante efficacité pédagogique de ces rapports, que tout un chacun pourra vérifier.
[...]

*************

Je n'ai pas besoin d'être un spécialiste des lettres ummites pour dire qu'il y a quelque chose qui ne va pas dans son raisonnement. Est-ce vraiment un raisonnement rigoureux ? D'un point du vue sociologique positiviste, peut être, mais dans le débat actuel des anthropologies, cela ne tient pas. Je m'explique, par exemple en ethnomethodologie
dans son application en sociologie on fait très attention à la manière dont on pose ses hypothèses pour construire des inductions.

On utilise ainsi des principes méthodologiques très rigoureux pour critiquer des données statistiques sociologiques qui en orientant un raisonnement sociologique favoriserait tel position plutôt qu'une autre. Et là en mathématiques il y a des choses à dire, sur les trucages des statistiques et les biais introduit dans les enquêtes. C'est ainsi que l'ethnomethodologie s'est intéressé à la manière dont on construisait des inductions à partir de données chiffrés (critiques des statistiques et du travail épidémiologique).

Jean Pollion dans sa page dit :
"- L'auteur démontre que cette langue a une sémantique inconnue sur Terre et  que si nous pouvons la comprendre, notre forme de pensée (Russell et Wittgenstein) fait obstacle à une capacité d'expression dans cette langue. Elle ne peut donc avoir été  créée par un Terrien. "
Qu'est-ce qu'il en sait ? Est-ce qu'il a balayé tout le champ des connaissances scientifiques sur terre ? Je vois là une position d'observateur universel qui prétend enseigner la vérité. Cela ne passe pas, c'est pas sérieux. J'ai la nette impression qu'il ne maîtrise pas son sujet, ce qui est plus grave pour un travail qui se veut scientifique et rigoureux. Même s'il a découvert une langue inconnue, cela ne prouve pas qu'elle ne soit pas artificielle. Il faut suivre le débat sur les grammaires génératives universelles et locales dans les années 50. Noam Chomsky (linguiste) versus Bar Hillel (logicien). Le concept d'indexicalité de la langue vient de là . Bar Hillel avait raison, le langage dérive est le sens n'est pas contenu dans les mots. Il y a aura toujours une relation entre l'observateur, l'objet linguistique et le contexte d'utilisation ou d'émergence du langage. De là est né le concept d'expressions objectives et d'expressions indexicales, des notions très utilisé par les divers branches de ethnométhodologies. Ainsi que les mathématiques cognitives, ou les théories cognitives qui expliquent l'émergence du langage. Ce sont donc, de nouvelles théories linguistiques qui se rapprochent des recherches en intelligence artificielle. Pour résumé, il y a pas mal de résultats qui ont débouché, des preuves concrètes. Et cela ne date pas d'hier, cela remonte à plus de 30 ans. Il est possible de créer un langage artificiel, il est également possible de se représenter un langage bâtit uniquement sur des expressions objectives, c'est à dire qui contiennent leur propre métadescription. Dans ce cas là, il faut quand même introduire le contexte préalable à l'amorce du sens (un lexique définitif qui ne bouge plus, constituant le métalangage de base). En intelligence artificielle ont fait même mieux, on donne l'occasion à des robots de construire leur propre lexique, c'est à dire de générer un langage article complètement inconnu de l'homme, et cela marche. [ note : Il existe même des recherches en robotique et I.A s'occupant de ce que Jean Pollion appelle des "soncepts". C'est utilisé pour simuler différentes théories du langage, il existe même des approches "idéophonémiques" qui sont en fait des recherches phonologiques : modélisation d'une organisation du monde des sons pour communiquer, génération de lexiques et construction de grammaires locales. Cela sert à valider diverses théories des apprentissages et de construction culturelle]

Jean Pollion dit aussi :
"- L'auteur met en évidence que cette sémantique est l'expression d'une  structure de pensée que nous pouvons [péniblement] comprendre, mais  qui est inconnue sur Terre. L'expression de notre pensée habituelle est  incompatible avec la sémantique de cette langue (logiques différentes avec des contenus de niveaux informatifs différents). "
Là je peux dire qu'il touche un domaine qu'il ignore complètement. Même un étudiant en ethnologie, en littérature, en psychologie, ne dirait pas cela. La construction du sens dépend de logiques locales de pensées. Ce qui
explique  les difficultés de traductions et les barrières culturelles ou psychologiques entre les différentes pratiques de pensées. L'ethnométhodologie depuis plus de 30 ans a fait ce lien entre logiques locales et contenu informatifs différents. Je  n'invente rien c'est un constat scientifique qui repose sur des milliers de publications dans le monde. L'ethnométhodologie se constitue comme une interdiscipline, cela veut dire qu'on n'est pas obligé d'être dans l'anthropologie pour l'appliquer. Un mathématicien, un logicien, un informaticien peuvent utiliser certains résultats dans leurs recherches, et cela fonctionne très bien. Il dit aussi  que "notre pensée habituelle est incompatible
avec la sématique de cette langue". On fait il ne démontre que sa propre incapacité ou sa difficulté à se représenter cela. C'est une position purement ethnocentrique qui ne constitue pas une preuve. Autrement dit, cette phrase véhicule un préjugé.

Jean Pollion dit aussi :
"- En outre, et à titre complémentaire, une fois la langue reconnue et comprise, l'analyse logique globale du dossier conduit à une impossibilité statistique de création terrienne."
Cela commence à ressembler à de la sociologie positiviste qui recommande un traitement statistique pour appuyer une position ethnocentrique.Autrement dit on fait savant avec un calcul pour prouver une induction sociologique. Ce procédé est archi connu. Il a vivement été combattu dans la champ de la sociologie (tradition de Durkheim) et dans l'ethnologie (structuralisme anthropologique). Si on soumet ce raisonnement statistique à une analyse croisée ethnométhologique / épidémiologique, on verrait les failles tout de suite et on pourrait dire, s'il s'agit là d'un artifice pour appuyer une conclusion.

Autre citation :
"-La démarche est scientifique : tout est vérifiable et reproductible par quiconque. Les données sont disponibles. Et les démonstrations restent discutables par tous, et en attendant que quelqu'un trouve mieux… "
Là il fait de la provocation. Qu'est ce que la démarche scientifique, il à intérêt à étudier les crises des rationalismes et les débats qui ont secoué l'épistémologie. De là on peut introduire l'idée que la démarche scientifique s'inscrit dans une méthodologie locale à un champ culturel scientifique (ethnométhodes) et l'ethnométhodologie permet de
bâtir une épistémologie des diverses ethnométhodes de la science. Jean Pollion lance un défit, il avance ses conclusions en proclamant d'avance l'infaillibilité de sa démarche. Il cherche donc des contradicteurs, mais un scientifique sérieux en lisant son discours risque de le prendre pour un prétentieux. Cela ne m'étonne pas qu'il ait
du mal a croiser le fer avec des scientifiques de haut niveaux, il s'est enfermé lui-même dans une bulle dogmatique. Ce qui ne risque pas d'arranger ses affaires.

Conclusion :
Que le langage ummite soit extraterrestre ou pas, cela m'est égal. Ce que je remarque de prime abord c'est les faillites épistémologiques, les erreurs d'appréciations, les jugements définitifs à prétention universel. Cela est inacceptable, car c'est un symptôme d'un discours dogmatique qui nie la liberté de recherche et les alternatives
scientifiques dans les méthodologies ; d'un discours qui empêche les conditions d'un débat équilibré et juste. Ce document qui présente les recherches de Jean Pollion, ne fait pas sérieux. Son discours ne passe pas la rampe même s'il a fait quelques découvertes linguistiques, son argumentaire souffre d'un déficit épistémologique sur
les sciences cognitives. Cela peut impressionner des amateurs de science mais pas des professionnels qui risquent de se moquer de lui. Si je devais approfondir mes critiques je devrais lire son livre et étudier plus avant les lettres ummites.  Les correctifs risquent donc de s'accumuler à très grande vitesse. Je me demande si SBF
n'avait pas l'intention d'avertir de ce danger. Si c'est le cas, il est plutôt gentil de prévenir les chercheurs de ces lacunes épistémologiques.