Journal de synthèse pour comprendre
le dossier Ummo / SBF


Journal de synthèse mensuel sur le dossier "Ummo / SBF"

Mel Vadeker,
année 2003 :  juin / juillet / août / septembre / octobre / novembre / décembre

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Juin 2003

    Recevant de nouveaux éléments au fur et à mesure, mes premières impressions changent. Il s'agit d'une énigme à résoudre au niveau de l'analyse des conversations. Cette histoire est complexe et très difficile à cerner. L'accumulation des hypothèses fait que je ne m'y retrouve difficilement. Je n'ai accès qu'a la partie visible de la controverse SBF.

    L'histoire du dossier ummo est également incroyable, ce qui m'amène à être extrêmement prudent face aux raisonnements de chacun, au foisonnement des luttes d'influences et de prises de pouvoirs. J'en viens même à analyser le fonctionnement de ma propre conviction afin de contrôler les émotions nuisibles pour une analyse anthropologique. Je reste donc ouvert d'esprit tout en conservant une méthodologie du doute, cette stratégie d'enquête qui vise à étudier les fondements de toutes connaissances à la base même de leurs points d'émergences.

    La controverse ufologique SBF devenant avec le temps une énigme multidimensionnelle à résoudre, de nombreux échanges et débats se sont succédés au fil des mois. Dans la plupart des situations délicates ont m'a demandé mon avis comme consultant externe pour résoudre des difficultés d'analyses anthropologiques ou philosophiques.

    La situation devenant plus riche et plus complexe que l'on pourrait croire, certaines pièces du puzzle commence à se rassembler. Je donne ci dessous, ma vision de l'énigme SBF. Pour la plupart ce sont des réponses à des questions directes ou à des débats interne au dossier ummo.

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Juillet 2003

    SBF est intervenu sur la liste "Ummo-sciences" dans une période comprise entre septembre 2002 et février 2003. Il a procédé selon deux methodes d'interactions, le premier mode étant celui de la préparation, ensuite il a positionné la lettre du 18 janvier 2003, il est passé ensuite à un mode de révélation. Cela constitue le premier niveau de l'énigme, il y en a deux autres qui la complète et qui constitue un véritable casse tête. Une grande partie des informations delivrées ne sont pas connues, ce qu'il a communiqué sur la liste n'est qu'une part assez réduite des echanges globaux et des interactions.

    Les interlocuteurs privilégiés de SBF ont non seulement des données nouvelles en rapport à l'affaire ummo mais aussi de nouvelles idées scientifiques et anthropologiques. Et cela au grand dam des ufologues de la liste ummo-sciences qui ont dénigré le sujet sans vraiment en saisir la profondeur et les diverses facettes. Dans toute cette histoire mon rôle a été celui de consultant, car SBF a appuyé quelques unes de ses réflexions sur mon site, il a pour ainsi dire résumé sa pensée ou raccourci ses propositions. Il a utilisé cette technique de compression de l'information dans de nombreux autres cas.

    J'ai été le témoin direct de la constitution de différents courants d'interprétations des lettres ummites qui sont maintenant complètement disjoints. Nous avons un courant orthodoxe francophone représenté en france par la liste ummo-sciences et des courants alternatifs marginalisés qui de mon point de vue ont beaucoup plus d'idées à révéler que les premier. Il ne m'appartient pas de dévoiler les confidences, de mettre à jour la vie et les conversations privées des uns et des autres. Ce que je peux faire, c'est soumettre à l'interprétation de tous, mes propres réflexions qui constituent autant de portes ouvertes.

    J'ai donc positionné ci dessous, quelques unes de mes réponses. De nombreux travaux sont actuellement en cours et des réflexions concrètes sont à l'étude. N'étant pas impliqué directement dans le sujet ummo et l'énigme SBF, je peux témoigner d'une effervescence intellectuelle et de divers projets de recherches parmi les groupes alternatifs d'analyse.

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Août 2003

    Les lettres ummites dont l'origine reste indéterminée - quoi qu'en dise les admirateurs, les idolâtres et les ufologues autoconditionnés - suscitent passions, dévotions et querelles idéologiques extrêmes, d'un coté nous avons des lecteurs qui prennent du recul, étudiant le seul contenu sans préjugés et de l'autre un ensemble de convaincus ne maîtrisant plus certaines pulsions primaires et s'adonnant à une sorte de culte scientiste. Dans le dossier ummo nous passons d'un extrême à l'autre continuellement.

    Enquêter sur les lettres ummites c'est pénétrer un dossier monumental :
- lettres en tant que support pour une transmission de connaissances
- analyses et querelles herméneutiques, les paradoxes de l'interprétation
- contextes pragmatiques et historiques de la diffusion des documents
- luttes idéologiques, culturelles, politiques sur la pertinence et la validité des analyses
- polémiques sur l'authenticité des documents et sur la collecte de nouvelles informations

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Septembre 2003

    Le dossier ummo est soumis à de fortes contraintes quand il s'agit de faire travailler ensemble des chercheurs. Il existe des zones d'influences floues et des guerres secrètes qui ont pour but essentiel la curiosité malsaine, l'espionnage et l'envie d'en connaître ou de percer le mystère. Les moyens et les objectifs divergent selon les centres d'intérêts pour récolter des informations ou pire pour contrôler ou manipuler l'opinion. L'esprit humain face à l'impensable est fragile. Lorsqu'il s'agit de réfléchir sur l'inconnu et de concrétiser des recherches, les pires manifestations de convoitises et des histoires d'espionnage les plus insensées s'élaborent afin de s'approcher au plus prés du coeur du secret.

    L'affaire SBF (énigme + protocole) à révélé publiquement dans le cercle des passionnés et des spécialistes que l'objectivation du dossier ummo était une illusion car il faut sans cesse négocier avec des rationalités différentes (référentiels cognitifs, rationalités locales, ethnométhodes, systèmes de croyances) même lorsqu'il s'agit de faire une analyse de contenu. D'un coté il y a l'application scientifique que l'on parvient à créer selon une référence épistémologique négociée par avance au sein d'un groupe de travail (collaboratif ou associatif) et de l'autre une guerre psychologique alimentée par d'infinis péchés d'orgueil et d'envie dans laquelle divers protagonistes se déchirent par tous les moyens.

    Dans ces conditions il est difficile d'exposer des analyses hétérodoxes ou d'aborder une vision globale sans évoquer ces histoires sensibles, ces guerres secrètes et ces débats avortés. La solution probable est de sortir des egoismes extrêmes et de l'hypocrisie pour comprendre cette dimension cognitive, cette "ethnodimension" qui révèlent les moeurs, les sensibilités et les méthodes de travail de chacun. Avancer vers un débat constructif c'est parvenir à raisonner sur les divergences individuelles et sur les analyses polymorphes pour les prendre finalement en compte dans une vision globale qui sera sans cesse étendue et alimentée par de nouveaux apports. Malheurseusement, il s'agit d'une tache qui doit faire la part entre l'émotionnel et le rationnel. Ce qui reste très difficile dans les circonstances présentes. Il faut en effet dans une même démarche, d'une part parvenir à fusionner les talents et les affects pour en extraire des applications fonctionnelles et d'autre part surveiller les dérapages autoritaires qui ont vocation à créer des dogmes.

    Dans ces débats passés, présents et futurs, une attention particulière doit être portée sur l'ethnocentrisme individuel ou émergeant des groupes d'analyses afin d'aider l'autocritique. Une démarche qui se veut honnête doit explorer toutes ces facettes avouables et inavouables des problèmes tout en donnant l'opportunité de s'autoanalyser au cours d'un cheminement intellectuel qui devient vite une exploration difficile aux frontières des connaissances scientifiques.

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Octobre 2003

    Les lettres ummites et les thèmes connexes aux différents débats autour du protocole SBF restent un sujet délicat d'exploration scientifique et philosophique. Il est particulièrement difficile de parler publiquement des enquêtes ainsi que de l'ampleur des diverses analyses faites ou à faire. Les ramifications des applications scientifiques parfois pluridisciplinaires sont difficilement accessibles.

    La maîtrise d'une posture philosophique réellement interdisciplinaire devient la condition fondamentale à tout travail de préliminaire de synthèse. Ce problème est fréquent et se retrouve au sein des divers groupes d'analyses sur les lettres ummites, ces groupes sont nombreux et pour la plupart ne travaillent pas ensemble. C'est à partir de cette hétérogénéité des niveaux de compétences et d'expertises qu'apparaissent les décalages sur la méthodologie et les motivations, le travail collaboratif devient alors difficile à gérer.

    Ce problème apparaît concrètement lorsque des amateurs éclairés, des profanes ou même des scientifiques, ne prenant pas assez de recul, donnent une vision déformée d'un champ scientifique particulier sur lequel s'élabore consciemment ou non, un débat biaisé avec des références qui ne sont en fait que des préjugés habillement utilisés. Cette ignorance coupable empêche une concertation équilibré avec diverses sources d'information. Le plus délicat est de maintenir une boucle rétroactive autant sur les résultats que sur les méthodes pour analyser au fur et à mesure les conclusions temporaires, ainsi il deviendra difficile de voir se former des positions autoritaires, voir dictatoriales alors que le travail préliminaire d'enquête reste insuffisant. Il s'agit avant tout de construire une ouverture intellectuelle et spirituelle pour dialoguer avec ce que l'on ne connaît pas, pour s'ouvrir vers d'autres interlocuteurs, voir même pour aborder de nouvelles disciplines.

    Cette facilité à émettre des vérités temporaires et à en faire ensuite des propositions définitives et objectives doit être dénoncé comme une faille permanente du raisonnement. Il s'agit du piège d'un raisonnement par induction non maîtrisé qui sert de modèle pour élargir une opinion ou pour construire une démonstration dans un déficit d'explication ou de preuves. Ce comportement est largement répandu, il se retrouve également chez les experts qui peuvent céder à la facilité et se servir de leurs acquis pour revendiquer une connaissance totale d'un champ scientifique particulier en empiétant sur des domaines qu'ils ignorent. Que peut on faire ? Essayer de définir localement les limites de son propre raisonnement pour en expliciter tous les rouages, ce qui n'empêche pas de les compléter ensuite par des corrections s'il y a lieu. Cette probable remise en question requiert une humilité et un recul pour valider cette démarche. Cette attitude auto-critique et d'ouverture est un moyen d'obtenir une rigueur minimale dans les démonstrations.

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Novembre 2003

    Jusqu'ici mon implication dans l'enquête fut modérée car le travail à fournir devint de plus en plus important. Comme je l'ai déjà mentionné dans la rubrique consacrée au dossier  SBF / Ummo, j'ai été en contact avec divers groupes d'analyses qui sont autant de communautés d'opinions que de groupes construits autour d'affinités culturelles et scientifiques compatibles. Au fil des mois, la complexité du débat m'est apparue, celle des tensions latentes, des querelles partisanes, des débats biaisés, des rivalités personnelles, des guerres psychologiques, de l'espionnage multilatéral, des activités occultes du monde du renseignement, de la propagande dirigée et amplifiée selon des axes stratégiques. Face à ce réseau de relations, la recherche d'une parcelle de vérité se révèle difficile. Cette progression dans le labyrinthe de la complexité avec l'aide de plusieurs fils d'Ariane entrecroisés me mène finalement à découvrir des énigmes inquiétantes et souvent incompréhensibles.

    Les certitudes s'envolent dans cette quête de vérités, les scénarios s'enchaînent dans un bruit de fond perpétuel, à tel point qu'il devient difficile de délimiter la frontière entre information et désinformation. Le contenu même du dossier Ummo participe à cette stratégie complexe, puisque les auteurs des lettres ummites développent également des stratégies de contrôle politique afin d'étudier des communautés humaines en toute discrétion, c'est à dire en abusant volontiers de ruses ou de techniques d'investigations anthropologiques à large spectre d'application.

    Les débat autour du protocole SBF et/ou du dossier Ummo ressemble à un chaos d'émotions, de conjectures, d'hypothèses homogènes et hétéroclites, d'inductions vérifiables ou indécidables, d'expériences de pensées qui sont autant d'exercices théoriques que de propositions d'applications scientifiques. Construire une vision d'ensemble de l'activité de recherche sur les lettres ummites, avec l'aide des acteurs principaux est un véritable défi. Cela s’apparente plus à une prouesse en raison des diverses luttes d'influences, des manipulations et autres rivalités provenant de tous bords, y compris celles induites par la diffusion des documents ummites.

    Je fus consulté par divers groupes, au sein desquels je percevais des tensions psychologiques récurrentes. J'etais témoin d'enjeux contradictoires semant la zizanie et abusant des jeux de diplomatie secrète pour camoufler les dérapages. Les personnalités sont mises à l’épreuve et malgré cela des groupes d'analyses discrets restent en activité. Il existe différents cercles, allant de la sphère privée au groupe semi-confidentiel oeuvrant pour une petite diffusion des idées selon des normes de sécurité ou de subjectivité plus ou moins fluctuantes. Ces cercles d’activités sont quelques fois reliée par les mêmes membres travaillant en réseau.

    Il est devenu pénible de parler de ces activités de recherche discrètes, c'est dense et hors de porté d'un profane. Il faut un énorme travail en amont pour assimiler et digérer les données brutes, pour les interpréter, pour regrouper les fragments du puzzle. Il y a également un problème de gestion de ressources humaines et de conflits d’intérêts. Ce qui ne facilite en rien la tache de diffusion et de transmission du savoir. Pour répondre à certaines questions fréquentes, il est difficile de prévoir ce qu'il va se passer. Il existe des témoins privilégiés mais ils ne parleront que s'ils le décident, et d'autres qui essayent d'en savoir plus, font des efforts pour se rapprocher de l'oeil du cyclone. C'est assez incroyable de voir ce qu'il se passe dans les coulisses du dossier ummo, cela n'a plus rien à voir avec la devanture publique ou médiatiquement contrôlée. On peut déjà faire le rapport avec la partie visible de l'affaire SBF, il y a déjà de quoi travailler sur de long mois. C'est d’ailleurs ce qu’on entrepris quelques micro-groupes d’analyses avec succès.

Les diverses facettes du dossier ummo sont pénibles à décrire. Il est difficile de parler publiquement des faillites psychologiques, des rêves déchus, des illusions et du désoeuvrement du chercheur ou de l'enquêteur. La censure reste un outil largement utilisé pour ne pas dégrader l'image publique de diverses communautés de recherche ou pour protéger les sentiments. La désinformation joue également son rôle pour servir de "faire valoir" ou pour protéger les personnes des tensions politiques et pour se préserver de la guerre psychologique.

Ce climat n'est pas agréable à vivre, les limites sont parfois ténues entre information, propagande et construction de débats équilibrés. On peut se demander si une totale transparence est possible. Les secrets les plus lourds à porter sont à mon avis les faillites psychologiques, ces défaillances humaines respectables mais qui ternissent l'intégrité scientifique et révèlent trop les modes de pensées autoritaires et dégradants. Nous avons également des secrets technologiques, militaires ou stratégiques qui freinent une analyse sereine car ils touchent au " Très Secret Défense".

    Ces rivalités et ces conflits induisent un débat instable dans lequel s'opère une constante manipulation de l'information sur des termes pourtant fondamentaux. Au lieu de s'atteler à une recherche critique sur la méthodologie ou à une réflexion épistémologique sur les fondements du savoir, il devient facile de s'égarer à travers des luttes d'opinions secondaires. Retrouver une rigueur dans la méthodologie est une tache qui s'avère impérative pour contrôler les divers dérapages, pour proposer des "gardes fous" techniques et philosophiques, pour soumettre à la discussion des principes de précautions et de dialogues. Les outils intellectuels sont disponibles pour cette mise en perspective, pour faciliter la navigation dans les méandres de l’enquête, pour aider l'investigation. Le plus difficile étant bien évidemment de s’appliquer d’abord à soi-même ces mêmes principes. Il y a donc un effort notable à faire, renoncer à cela revient à céder à la facilité en refusant de réguler quelques défaillances cognitives dont on peut facilement faire la liste.

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décembre 2003
Bilan des mois écoulés (de juin 2003 à fin décembre 2003).

    L'année 2003 arrive à son terme, depuis le mois de juin ma progression dans cette enquête a ressemblé à un jeu de montagnes russes. Un voyage dans l'inconnu et le fantastique. Faisons un premier bilan de la situation telle qu'elle m'apparaît, en prenant de la distance.

    Prendre du recul et différencier l'observateur de son objet d'étude. C'est le second stade de mon analyse, celle qui suit l'immersion dans les profondeurs du terrain. Une lutte de tous les jours pour se donner la possibilité de s'affranchir de ses propres convictions. Un travail quotidien qui nécessite de se remettre en question dans la durée pour vérifier son raisonnement. Cette répétition donne l'occasion de s'autodiscipliner. Il faut sans cesse explorer des pistes, cumuler les informations pertinentes. Il n'est plus possible de donner des conclusions définitives car le travail à produire se construira sur des données partielles. On peut commettre des erreurs, manquer de discernement, oublier des éléments. Pour palier à ces probables déficiences, je m'applique des précautions élémentaires : utiliser des mécanismes d'enquête les plus simples afin de dépister les lacunes méthodologiques. C'est se faire violence à soi-même que de s'interroger ainsi mais au final il en ressort un bénéfice,  une démarche constructive qui transforme le doute en sentiment créateur et dynamisant. En n'ayant plus peur de repousser les repères conventionnels dans leur ultime retranchement nous ouvrons la porte à de nouvelles dimensions non remarquées précédemment.

    Travailler de la sorte, c'est s'interroger pour scruter le moindre détail afin que cela en devienne un réflexe pour exposer ensuite à l'autocritique autant ses sentiments que ses ethnométhodes ( i.e. rationalités locales comprenant les stratégies et les métastratégies localement définies ainsi que leurs péripéties d'action). J'en conviens, ce n'est pas une habitude très conventionnelle surtout lorsque l'on se trouve confronté à des univers d'expériences et de connaissances inconnus voir incompréhensibles. S'immerger ainsi corps et âme pour ensuite en sortir est une gageure. Comment faire alors pour penser sereinement ? Est-on capable de laisser de coté ses habitudes pour s'orienter dans une grille de lecture multiple, alliant les avantages d'une démarche multiculturelle dans une synthèse propre à décrire la complexité ?

    Le dossier Ummo, pris dans son ensemble, comprend aussi bien les documents que les divers rebondissements historiques, les commentaires des protagonistes principaux ainsi que les mécanismes sociologiques qui interviennent à ces différents niveaux. Cet aspect anthropologique éclaire d'avantage sur ce que l'on désigne avec facilité "la mentalité terrienne" ; cette propension naturelle à construire d'imparfaites images du monde à partir d'informations parcellaires, de données floues, ambiguës, indécidables. Si j'etais un extraterrestre et avec cette distance, je dirais que le terrien à du mal à maîtriser cette part enfouie et passionnelle qui domine la personnalité dans les moments les plus sombres. Je parle là de ce désir de domination, appuyé par l'absence de confrontations de fond lorsque l'on atteint ses propres limites. Comment corriger les contradictions, les méthodologies limitées si on refuse de plonger son regard là où ça fait mal ? Cette absence d'auto d'exploration des procédures d'apprentissage et des mécanismes de perception est très dommageable, c'est ce qui a manqué le plus sur le dossier Ummo.

    Ce constat étant fait, le travail collaboratif est facilité lorsque les enquêteurs et les chercheurs sont au fait de ces méthodes transdisciplinaires et non dogmatiques. C'est ainsi que  j'ai vu se dérouler au fil des échanges de nouvelles propositions d'étude, se développer de nouvelles thèses au sein de divers communautés de recherche. Dans l'idéal, c'est cette communion d'intérêts qui est souhaitable mais cela ne se passe pas toujours ainsi. Le plus souvent dans les débats difficiles, il y a cette succession de querelles d'opinions sans réflexions préalables, souvent la forme et le fond du débat n'est pas soignée.

    Je retrouve cette débâcle des idées et des systèmes de croyances qui ne sont en fait que des corps de doctrines évoluant au sein de stratégies et métastrategies cognitives contradictoires. Où est la vérité et quelle vérité communiquer ? Le socle de la connaissance est devenu instable. Cette difficulté supplémentaire nous renseigne une fois de plus sur cette nécessite impérieuse de fournir des outils d'analyse correspondant à des besoins primaires de communication, de synergie dans ces activités vitales de concertation et de collaboration.

    Nous rencontrons également une catégorie de personnes qui veulent à tout prix comprendre le dossier mais ne sont pas capable de se comprendre eux même, de faire correspondre leur vision du monde et les limitations de leur système de pensée. Plus que jamais, la réflexion éthique et épistémologique nous conduit à revenir sur des notions oubliées : le degré zéro de la connaissance n'est pas vide, il contient des procédures universelles autoréférentielles sur lesquelles se développe la cognition. Il s'agira alors de se représenter le plus bas niveau de l'évidence. Comment pensons nous et avec quoi ?

    Survivre à la folie mentale, aux défaillances humaines, à la bêtise en posant les jalons d'une démarche rigoureuse et honnête de sagesse. Combien de pages de propagande, de fausseté, de mensonges, d'incompréhension n'a ton pas lu sur Internet à propos du dossier Ummo. Sur ce terrain, on remarquera que les analyses strictement scientifiques sont rares. Et même dans ce cas, cela ne serait pas suffisant pour donner une vision globale. La spécialisation est un frein, il faut être polyvalent, passer d'un domaine à l'autre en toute facilité. Soyons honnête, ce n'est pas un dossier facile d'accès.

    Cette tache est rendu pénible par les opérations psychologiques que mènent de concert divers centres de déstabilisation. Je n'arrive toujours pas à comprendre pourquoi de soi-disant agences de renseignements étatiques s'investissent autant pour le contrôle des affaires ufologiques. Je ne connais pas bien ce domaine mais il semble qu'a chaque détour de l'enquête on se retrouve devant un secret d'état, et la liste ne fait que s'allonger... On ne s'étonnera pas de voir ce terrain d'analyse pollué par des foyers de désinformation permanents pour des motifs et des objectifs qui restent à déterminer. Peut être que l'histoire du dossier Ummo est intimement liée aux services secrets ? A lire les documents eux-mêmes, les ummites avouent entretenir des relations de défiance avec les communautés du renseignement. Cela ne nous aide pas d'avantage dans l'enquête. Trop de secrets, trop de zones obscures.

    On retrouve un autre profil d'enquêteur à la fois similaire et contradictoire. Je parle du croyant fanatique et du sceptique borné qui usent de mêmes techniques. Tout deux manquant d'esprit critique abusent de dogmes sans en examiner les fondements, ni douter de leur pertinence. Ceux là ne font plus d'efforts et se contentent de vociférer. Où sont les démonstrations, les recoupements, quelle est la logique des raisonnements ? Dans mon cas, par exemple je prends mille précautions avant de me déterminer en ayant à l'esprit mes propres limites. J'essaye ainsi d'atteindre un point de stabilité le plus fort possible mais je suis également capable de tout remettre en question pour repartir sur de nouvelles bases. Avancer étape par étape en vérifiant le moindre détail et en expliquant ses faiblesses dans son analyse et son observation.

    Pour finir nous avons le curieux qui se refuse à travailler, voyant en Internet un moyen d'accès et de compréhension facile à toute la connaissance. Une belle utopie car nous ne trouvons sur Internet que ce qu’on a bien voulu y mettre. Il faut vraiment être ingénu pour penser que les réponses aux questions difficiles s'y trouvent. Autant dire que nous avons là, un type de psychologie facilement influençable, en manque de repères et dont les techniques d'investigation sont inexistantes. Internet n'est qu'un outil, une bibliothèque universelle probable, un espace virtuel de communication et d'échanges.

    Que reste t-il à l'honnête homme pour comprendre cette étrange affaire ? La première chose à faire est de réfléchir sur les NTIC (nouvelles technologies de l'information et de la communication) pour pouvoir discerner les pièges de la désinformation, de l'influence, de l'apprentissage. Une initiative personnelle pour l'esprit curieux, pour celui que prend le risque de repenser sa vie dans un flux incessant d'affrontements de toutes natures.

    Le dossier "Ummo / SBF / Ummo-sciences" dépasse largement le cadre étroit d'Internet. Au cours de ces quelques mois d'enquête, avec l'aide de quelques amateurs éclairés, j'ai pu m'approcher un peu plus du mystère sans pour autant le résoudre. Il m'est apparu que les spécialistes et les esprits avertis négligèrent les plus élémentaires précautions.

    Pourquoi raconter tout et n'importe quoi sur des auteurs qui ne veulent pas se faire connaître physiquement ? Que l'auteur présumé des documents ummites soit terrien ou extraterrestre importe peu. On peut déjà, de ce coté là, mettre un frein à la machine à fantasmes. En théorie un extraterrestre malin peut très bien se faire passer pour un terrien lambda ou même pour un imbécile dans le seul but de faire une expérience. L'inverse est tout aussi plausible avec toutefois beaucoup plus d'efforts à fournir, surtout que l'absence de preuves matérielles laisse la liberté à l'imagination. Qu'est-ce qui est vraisemblable, est-ce que tout est possible ? C'est là que les lecteurs passionnés passent de la raison à la foi sans transition en malmenant au passage le statut de la preuve.

    Autant du coté des sceptiques, des partisans ou des curieux, un autre problème tout aussi important, souvent sous-estimé : tous ne travaillent que sur les comptes-rendus cohérents d'un corpus de connaissance exotique. Ils ne travaillent pas sur la réalité brute mais sur une description de la réalité faisant référence à divers niveaux de représentations et d'interprétations. Les principales sources d'informations sont des documents manuscrits, dactylographiés, électroniques. Nous retrouvons là un autre piège classique pour les lecteurs qui n'ont pas de techniques précises d'intégration documentaire et de synthèse. Il ne faut pas croire que c'est quelque chose de facile à faire, c'est même très difficile en raison de la dualité inhérente aux approches normatives centrées sur une discipline et celles reposant sur des changements de référentiels. Je parle là de ces postures intellectuelles naturelles et contradictoires que l'on peut désigner par l'ethnocentrisme et l'ouverture cognitive complète. Deux postures extrêmes que l'on peut identifier soit par un repli sur soi, soit par une ouverture intellectuelle totale. Il existe cependant une posture intermédiaire que je recommande, c'est l'intégration par transition pour passer d'un état cognitif à l'autre tout en sachant pertinemment dans quel état on se trouve. C'est en quelque sorte contrôler les transitions entre "Le monde est tel que je le pense" et "Tout est possible dans tous les mondes possibles".

    Le voilà le maître mot, changement de repères et traductions de concepts lors de transmission de données d'une rationalité à une autre. Cela touche autant le domaine culturelle dans un sens large, la psychologie, la perception que l'on se fait du monde et de soi-même. Ce qui explique la profusion de difficultés supplémentaires. Il n'y a pas que le coté strictement scientifique et empirique, nous avons aussi dans une large mesure l'aspect purement émotionnel qui ne peut pas être restitué mais qui compte fortement. Pour chaque document, il y a un expéditeur, un destinataire, un canal de diffusion et une stratégie de communication. Tout ce contexte pragmatique et d'interactions participe au sens. Réduire la seule analyse des documents au texte lui même revient à s'aveugler en éliminant un univers de perceptions très riche. L'analyse de divers scénarios générateurs compatibles entre eux ou même contradictoires permettent de se faire une idée générale du dossier Ummo.

    Un autre constat a émergé des débats. Est ce que les gens qui étudient les documents Ummo sont capable d'être confronté aux auteurs ? On voit bien qu'il y a un choc culturel prévisible qui n'est pas conditionné par le contenu du message anthropologique mais par l'excès d'imagination, la fantasmagorie associé aux lettres. Comme pour les artistes contemporains submergés par les fans et les hystériques, il y a là un fossé qui ne peut être comblé.

    On peut comprendre les propositions des ummites à la lumière de diverses disciplines et d'interdisciplines. On devine également la stratégie des contacts : les gens ne sont pas prêts, il ne sont pas assez mûrs pour un échange rapproché. A la rigueur verra-t- on quelques privilégiés assister à de petites entrevues, comme pour une conférence de presse réduite au strict minimum. Pourquoi ? Parce que les humains même âpres plusieurs siècles de "sciences" ne savent toujours pas réfléchir lorsqu'ils sont pris entre ces trois extrêmes : la raison, la passion et l'inconnu.

    Je suis maintenant encore plus perplexe qu'au premier jour. Que se passe t-il ? Qu'est ce que c'est ? Comment faire pour comprendre ? Est-ce que je suis capable de comprendre par moi même ? Je continue de travailler sur le dossier "Ummo / SBF" par intermittence mais cette fois ci avec de nouvelles données. En travaillant de concert avec de petites équipes, on finira bien par avancer vers plus de compréhension car les énigmes sont très nombreuses. Comme pour un jeu de piste, chaque mystère résolu nous en amène d'autres plus difficiles. Cela présage de multiples rebondissements qui éclaireront d'avantage l'analyse savante et profane des documents.

    Il y a tellement de choses à dire sur cette affaire Ummo qui ne cesse de rebondir depuis prés de 40 années. Rien n'est facile,  et encore moins pour les spécialistes du dossier qui en fin de compte ne savent pas grand chose sur les auteurs. Les rares privilégiés qui passèrent de l'autre coté du miroir pour une rencontre rapprochée se gardent bien de temoigner à visage decouvert même s'il existe des tentatives pour temoigner indirectement comme ce fut le cas pour l'affaire SBF.