Courrier des lecteurs :

Suite de la PARTIE 1

 

Peut-on expliquer les affaires ummo ? De la difficulté du dialogue.
Réponse à un courrier de lecteur, en réaction à une succession d'interrogations sur la pertinence d'exposer des éléments explicatifs malgré les conflits, les verrouillages imposés, le secret entretenu.

  PARTIE 2


Des passages sont censurés afin de protéger la vie privée.

Pour répondre aux nombreuses interrogations et pour faciliter la lecture, mes réponses sont numérotées afin de distinguer les contextes explicatifs qui se superposent.


 

De : "XXXXXXXXXXXX"
A :
"Mel Vadeker"
Objet : Re: courrier des lecteurs
Date : Fri, 13 Jan 2006

Hello Mel,

 

>Ton site en tant qu’outil de sensibilisation ou d'influence indirecte afin d'inciter à la réflexion ou à la prise de décision.

 

Je comprends ce que tu signifies. La sémantique que *j*’attache au terme « communication » (pris dans son sens abstrait) englobe toutefois ces deux termes : « sensibilisation et influence ». Ce sont des actions de communication par transfert d’information d’une source A vers B. Après, pour ce qu’il en émerge : réflexions ou prise de décision, cela est plus difficilement maîtrisable.

 

 >Rôle pédagogique des lettres « ummites », des contextes exotiques de certains de tes messages ? (comprendre « exotique » comme en dehors des expériences habituelles).

 

Oui, le rôle pédagogique... Mais quitte à l’inscrire dans un jeu de rôle, dans un échange qui engage le lecteur, pourquoi ne pas choisir une autre thématique après tout ? Il est impossible de nier l’effet que peut avoir la thématique sous-jacente sur le lecteur.

 

C’est un peu comme faire une pâte à choux en mettant trop ou pas assez de sel… Dans la pâte à choux, le « sel » sert en général à relever le goût, et apparaît comme un ingrédient « exotique ». A quantité raisonnable, toutefois, il est bienvenu. Or, si l’on met trop de sel, et s’il constitue l’ingrédient principal et devient nettement reconnaissable dans le plat, la communication, la portée en est changée. Le point focal d’un observateur se déplace, non plus sur le plat, mais sur l’ingrédient du plat.

Bref, il faut savoir ce que l’on « veut ».

 

Il y a un autre aspect : lorsque cet ingrédient qui doit être secondaire, (ici la nature de la source d’information), devient prégnant ou trop occurant, l’on peut raisonnablement s’interroger sur les motivations de l’auteur et de ce choix « obsessionnel » après tout.

Or, il existe un lien indéfectible entre la moralité de la source et la réalité objective des informations qu’elle produit. L'interprétation existera toujours, on ne peut que l'amplifier ou la réduire selon les modalités proposées par l'auteur du texte (ou de la source) et selon les contextes sociocognitifs de la lecture. Interprétation que l’on peut toutefois modérer par le type d’informations produites:

 

-                          les informations « fonctionnelles/opérantes » qui composent des relations entre elles (de façon autonome) et qui se relient « fonctionnellement » à d’autres systèmes logiques connus/non exogènes. Hormis certains attenants liés à la source, il est difficile de leur renier leur fonctionnalité si elles sont raisonnablement construites.

 

-                          les informations à caractère « strictement informatif » (ontologie locale +fermée) dont l’ensemble de la réalité est directement sous-tendue par la crédibilité de la source émettrice ; à moins de croiser avec une autre source indépendante qui a également observé cette réalité locale.

 

Simplement, il arrive un seuil au-delà duquel, lorsque « l’on » observe de façon récurrente :

 

-                          A. des informations fournies de nature fonctionnelle, relativement cohérente,

Liées par leur contexte à :

-                          B. des informations de nature spéculative/informative liées à une source qui se camoufle.

 

Cela m’apparaît comme une motivation *forte* (et raisonnable) que de se poser des questions sur la cohérence de l’ensemble. Car même si A est un système logique qui tient la route, nous savons que même les systèmes logiques ont leur propres limites et paradigmes.

 

Nos croyances par rapport à la réalité, peuvent être construites sur du sable. Et alors, nécessairement, les vieilles questions refont surface: quels sont les générateurs des systèmes logiques et autres paradoxes à propos des systèmes. Par ailleurs, la source d’émission des informations ne finit-elle pas « exister », ne devient-elle pas *à force* de coexister avec celle-ci, de devenir *malgré moi*, ma croyance ?

 

Pour prendre du recul, tu le dis toi-même, il est nécessaire de prendre du recul par rapport au contexte de production de l’information et donc de la source, de la replacer « à sa juste place ». De lister les hypothèses, de croiser les regards. Des plus fervents « croyants » aux plus fervents « sceptiques ».

 

Il y a un aspect qui t’échappe peut-être : c’est l’amitié ou la sympathie que je peux construire au travers des rencontres et des échanges plus directs. Cette empathie qui rejette dans une certaine mesure tout faux semblant et contribue à vouloir lever le voile. A moins qu’il n’y ait aucune émotion au niveau de la source, ce que je ne « crois » pas et compte tenu des aspects éthiques et moraux de l’ETM.

 // **  INTERROGATION - NO 1 ** //

 

Ne t’étonne donc pas que le regard porte sur les informations d’origine exo pour toutes les raisons évoquées précédemment. Outre bien sûr l’intérêt personnel sous-jacent que je peux avoir pour ces « affaires » (qui serait encore une autre raison), dans notre contexte d’échange cela prend toute sa mesure.

 // ** INTERROGATION - NO 2 ** //

 

>En effet plus on se rapproche de la source et plus on reçoit des informations brouillées et verrouillées. Plus on se rapproche de cette vérité et moins on est enclin à en parler, en tout cas on ne se retrouve pas dans les dispositions pour en parler librement.

 

Il y a des raisons éthiques qui prévalent probablement, outre la complexité qu’il y à canaliser et exprimer ce que l’on ressent. Nous sommes tous coincés par les jeux de la communication entre plusieurs niveaux d’expression. Avec toutefois un leitmotiv personnel : revenir, autant que possible, dès que possible, à la plus grande simplicité et la plus grande sincérité qui soit dans les échanges. Non pas qu’il s’agisse de me jeter des fleurs, mais je sais que l’information que je communique, lorsque je la matérialise avec des mots, des symboles, je me les approprie avec d’autant plus de force. Au fil des échanges, ce langage, ce discours devient pleinement ma réalité et contribue également à m’enfermer dans une rhétorique. Ainsi, malgré moi, cela peut m’empêcher de trouver les justes mots, le bon niveau d’expression, pour mes interlocuteurs placés dans des contextes variés.

Une difficulté typique que tu auras constatée à ton propre niveau : comment parler d’ethnométhodologie simplement ? Le langage auquel tu t’es habitué ne t’a-t-il pas enfermé dans un ou plusieurs choix/modalités d’expression, contingences stylistiques ?

 // ** INTERROGATION - NO 3 ** //

 

> ... une réflexion sur une morale et d'une diffusion de concepts pour aider à la construction d'une éthique basée sur des fondements interdisciplinaires.

 

Les gens aiment spéculer sur la physique, voire la métaphysique. Or, la moralité ou la spiritualité en est trop souvent absente.

Ce qui peut aider, c’est un regard transdisciplinaire sur les connaissances, amenant les individus à lier les développements qu’ils réalisent dans certains domaines à des conséquences philosophiques ou morales, par exemple en sociologie (et réciproquement). Or, sans un minimum d’épistémologie des connaissances comment prendre du recul ? Un vieil adage nous dit: « la curiosité est un vilain défaut ». Au contraire, je regrette que cette valeur (la curiosité) ne soit jamais ni encouragée ni évaluée par notre système éducatif. J’estime que valoriser des cerveaux qui apprennent à apprendre/obéir plutôt qu’à prendre du recul est un calcul, au bénéfice de la société, qui ne peut être qu’à court terme.

 

>Les événements qui ont eu lieu sont tellement complexes, les diverses

>interventions anonymes, les tensions, les drames parfois qui se déroulent sur

>de longues périodes de temps, tout cela m'incite à la prudence.

 

Evidemment.

 

>par contre le « making-off », et ce qui t’intéresse de prime abord,

>reste pour l’instant un sujet délicat.

 

Donc je n’aurais pas le niveau de « clearance » nécessaire ? Il s’obtiendrait où et comment ? (Par les rencontres, et en rapprochant nos vécus personnels je supposerai. A distance, tout cela est si difficile).

 // ** INTERROGATION - NO 4 ** /

 

> il n’y a pas un mais plusieurs puzzles à reconstruire ? il est raisonnable de constituer une cartographie de ce qu’il est possible de faire, le premier tableau apparent est le plus important, c’est par lui qu’il faut commencer.

 

Quels titres donnerais-tu aux différents puzzles ? Serais tu à même de discuter des relations que tu entretiens avec tes différents réseaux d’échanges ?

 // ** INTERROGATION - NO 5 ** //

 

XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX

XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX

 

Cette synthèse n’est certainement pas complète, mais je constate que personne n’a réagit dessus. Je veux bien avancer seul, mais cela a ses limites. Peut-être qu’à terme l’outil de cartographie et d’évaluation des contextes pourrait aussi servir à reconstruire les différents fils.

 

> Est-ce rentable ?

 

Sur le plan de la rentabilité, tu réponds indirectement à la question : bien sûr au travers de n’importe quel échange bienveillant, il y a une évolution « positive », même infinitésimale.

Le sens de ma question était plutôt, est-ce que tu t’interroges sur le « meilleur » moyen de faire ? Et sinon, de l’évaluation des actions menées ? Est-ce que tu mets en place des procédures pour mesurer de quelle façon ce que tu émets, transforme et fait évoluer les consciences ?

 

Si on en reste à des considérations « très larges », le progrès est évident. Mais le progrès, est en ce cas, est partout, même autour d’une tasse de café, et dans la mesure qu’il y a un fond de bienveillance. Ce qui m’a toujours interpellé, personnellement, c’est de pouvoir faire « au mieux » et au « plus près » de mes objectifs avec l’énergie dont je dispose.

 

>Il y en a pour tous les goûts, je ne souhaite pas être exclusif ou à cibler

volontairement un type de population. Je fais au mieux avec mes moyens.

 

Cependant, je dirais qu’il y a des constantes plutôt liées au genre d’information que tu communiques, et qui restent relativement cloisonnés les uns des autres. Et je ne classerai pas cela par type de population (même si au final cela correspond mieux à la psychologie ou au niveau de telles ou telles personnes). Le choix de la forme, semble s’effectuer au départ essentiellement en fonction du type d’information, de façon approximative, par exemple :

 

-                          « Monde intérieur »: poétique,

-                          Vécu personnel : prose poétique, paraboles, métaphores,

-                          Communication sur le monde : images humoristiques, 

 

Car si on inversait les formes de communication ? => Mettre des poèmes pour expliquer l’ETM. Et sur ton vécu personnel, faire des explications de texte et donner des définitions ? Sur certains de tes essais poétiques (pas tous), te serait-il de donner l’explication de texte ? De désigner l’information que *tu* considères comme métaphorique et celle qui ne l’est pas ?

 

Ce serait, difficile, je pense plus car le sujet t’impose sa forme (et tes propres contraintes personnelles) que, finalement, le public auquel tu t’adresses.

 

Ca me fait penser à un truc : te serait-il envisageable pour aider à construire du sens, d’envisager tes textes dans un blog ? Que les réactions des lecteurs puissent être lues à la suite de tes publications ? Cela aide à l’évaluation transversale, à faire émerger un sens en favorisant les rencontres d’idées.

// ** INTERROGATION - NO 6 ** //

 

Amitiés,

 


 

 

 

De : "Mel Vadeker"
Envoyé : mercredi 8 février 2006
À :
"XXXXXXXXXXXX"
Objet : Re: Re: courrier des lecteurs - reponses aux interrogations

 

Je réponds aux interrogations à la suite, voir les pointeurs sur ton texte.

 

1/ Aspects éthiques et moraux des échanges. Les liens d’amitiés sont-ils un frein ?

Mon approche diffère de la tienne, j’ai en quelque sorte un instinct de préservation que l’on peut rapprocher de « l’indifférence » qu’un médecin à envers son patient surtout lorsqu’il traite une problème difficile. Se laisser gagner par l’émotion ou même lier des amitiés dans ces circonstances n’est pas toujours recommandé. Cela ne veut pas dire que je reste inhumain en toutes circonstances, mais avec l’expérience j’ai eu à faire des désagréments émotionnels désagréables qui entravent à mon sens une démarche d’intervention ou d’analyse. Je pense que c’est une capacité qui se développe avec le temps, j’arrive assez bien à me protéger ou plutôt à connaître mes limites, première condition pour gérer des événements qui peuvent m’affecter personnellement. Dans le cas où je ne contrôle rien, dans l’incertitude, je préfère ne pas m’impliquer émotionnellement pour rester en simple observateur.

 

2/ L’origine exotique des documents comme motivation ?

Ce qui étonne, c’est la motivation des lecteurs pour étudier un corpus difficile d’accès, le contexte « exotique » force le respect et incite fortement à poursuivre l’étude au-delà de ce que l’on peut s’attendre pour ce genre de littérature technique. L’information est dissimulée, altérée elle n’est pas donnée explicitement, il y a du suspens, un attrait évident entretenu par le mystère. Prendre le même corpus et le faire lire en expurgeant le contexte exotique me parait aussi intéressant, d’ailleurs tu a toi-même fait l’expérience.

 

3/ Parler de l’etm simplement. Les contingences stylistiques sont-elles une barrière ?

Travailler le style comme un moyen pour trouver le juste milieu entre des aspirations personnelles et le désir de se faire comprendre d’une catégorie de personnes. Je persiste dans l’économie de moyen, en employant des axiomes clairement définis ou en élargissant la définition de concept apparentés. Il apparaît à l’usage, que le langage se spécialise pour se transformer en un jargon d’initié. C’est un choix délibéré qui me permet de satisfaire quelques contraintes pratiques : je condense mes explications qui autrement me prendraient trop de temps à démontrer. Bien évidement, mon souhait premier serait de présenter les problèmes en employant différents styles et pour chaque problème défini correspondrait une tentative d’élucidation ou d’éclaircissement selon le niveau de complexité.

 

4/ De la déception à l’obsession du contact. Un niveau de « clearence » est-il possible ?

L’opportunité de traiter directement avec la source est improbable, comme peut l’être l’opportunité de gagner à la loterie. Pour optimiser ses chances, il y a des conditions, des règles pour entrer dans la partie, ensuite il y a un genre de tirage au sort. Plus tu travailles pour obtenir ce contact et plus tu as de chances, mais cela reste sans garanti. Je fais une grande distinction entre traiter frontalement avec la source et recevoir des données anonymes, cela n’a pas la même valeur, c’est incomparable. Je sais que ce sujet est un source de fortes préoccupations parmi les contactés de la première heure et les spécialistes avertis, cela en devient même une obsession. Malheureusement, cette posture obsessionnelle n’est pas vraiment une condition pour entretenir un échange sain,  c’est plutôt le contraire, cela favorise les expériences de communication et d’interventions sociales sur des microgroupes, des manipulations psychologiques ou des expériences didactiques. Ce n’est pas très valorisant de se voir ainsi considéré comme un sujet d’expérience. On sous estime grandement l’effet que peut avoir ce manque de reconnaissance. J’imagine les effets potentiels sur la personnalité, les psychopathologies induites. On peut comprendre ainsi les provocations et les appels au contact réitérés en direction de la source. Nous retrouvons également cette revendication pour établir une référence intellectuelle, sur quelle base épistémologique travailler ? Il y a, là aussi, des confrontations inévitables.

 

5/ Informer sans désinformer. Au delà de la confidentialité, quelles relations pour quels échanges ?

Je peux parler des contextes généraux qui n’évoquent aucunement l’activité de personnes ou de groupes surtout lorsqu’il y a une consigne de confidentialité. Je peux discuter de ma vision personnelle tant qu’elle n’entre pas en contradiction avec des consignes de sécurité ou de secret ou faire des commentaires sur les tentatives de travail collaboratif sur et sur les diverses publications ouvertes au public. Je ne peux pas dire que je suis au cœur du secret, je n’ai pas cette prétention et je ne désire par la détenir. J’en sais assez pour comprendre quelques subtilités sans que cela me mette en danger.

 

6/ Augmenter l’interactivité pour dévoiler les contextes cachés. Comment favoriser la rencontre des idées ?

Remarques pertinentes qui vont dans le sens d’une interactivité plus forte avec les lecteurs. Je ne suis pas contre mais je n’ai plus l’opportunité de développer cette facette et pourtant c’était au départ un de mes objectifs. Un de mes centres d’intérêt portait sur la représentation dynamique des connaissances par des outils hypermédia intégrés à la navigation et sur les opportunités de les appliquer dans une démarche ETM pour faciliter le travail collaboratif.

 

 

 


 

 

De : "XXXXXXXXXXXX"
A :
"Mel Vadeker"
Objet : RE: Re: courrier des lecteurs - reponses aux interrogations
Date : Sat, 11 Feb 2006

 

Merci pour ces précisions supplémentaires. Ne pas s’impliquer, personnellement, émotionnellement : je perçois et je reconnais la nécessité fondamentale de préservation, et ce d’autant plus que la variété des échanges et leur caractère étrange et potentiellement déstabilisant s’accroît.

Mais il reste un point essentiel : et l'amour des autres dans tout cela ? L'amour peut-il être vécu sans émotions ? Peut-on prétendre aimer sans être proche et vivre d’empathie ? Peut-on appartenir à ce monde tout en restant un étranger ?

 // ** INTERROGATION - NO 1 ** //

 

Je ne pense pas que l’homme soit fait pour encaisser le choc des transformations psychologiques nécessaires à chaque « immersion »/implication personnelle, cependant lorsque l’esprit d’ouverture peut-être reconnu, cela n’en vaut-il pas la peine ?

 // ** INTERROGATION - NO 2 ** //

 

Parler de l’ETM simplement ? Et je reviens sur ma question : peut-on évaluer les progrès personnels accomplis ? Comment « savons nous » que nous progressons ? Ne s’agit-il pas, finalement, plus de faire plaisir à notre ego –ou–  se rassurer –ou– réaliser sa propre auto-psychanalyse au travers d’un chemin qui nous conduit à nous exprimer sur un blog/site web/livre/mur ? Il s’agit d’un mélange des genres qui dissout totalement les frontières entre l’expression de notre propre condition humaine, la pression de nos émotions personnelles, et ce que l’on souhaite réellement transmettre, le message de sagesse (?) in fine que l’on souhaite faire passer. Quid, donc, de l’évaluation à posteriori ? Travaillons nous pour nous ou pour l’humanité ? Le pouvoir, la création de sens, l’intelligence, sont des vecteurs et des outils permettant de réaliser le pire comme le meilleur. Et les hommes les plus intelligents et les plus fins, n’étaient pas nécessairement les plus libres et les plus humains.

 // ** INTERROGATION - NO 3 ** //

 

Je m’interroge sur la mesure du degré d’humanité. Pourquoi sommes nous « humains », pourquoi/comment aidons nous les autres à être plus « humains » ? Je pense, personnellement, à des valeurs telles que : la bienveillance, le respect du libre arbitre/chemin de décision des systèmes complexes, favoriser l’émergence de la complexité, et de façon réflexive de la complexité de la complexité. C'est-à-dire qu’il n’existe pas qu’un seul chemin, et qu’il est nécessaire de prévoir un certain niveau de diversité à tous les stades évolutifs. Et de l’harmonie. Mais qu’est ce que l’harmonie si ce n’est organiser la complexité de façon à ce qu’elle devienne cette « complexité de la complexité » ; c'est-à-dire que les systèmes coopèrent et se complètent et non se détruisent. Ce fil rouge qui lie les systèmes est fondamentalement, je pense, le point d’équilibre recherché.

 // ** INTERROGATION - NO 4 ** //

 

 

Qui est notre mentor ? Notre observateur universel ? Notre « maître » ? Curieusement, cela m’a toujours manqué. J’ai souvent cherché une personne en qui je puisse considérer que j’ai de l’admiration car je pourrais apprendre d’elle. La voie de la  facilité et de la naïveté, très probablement… Mais cela correspond aussi à une certaine réalité : dans le cadre de certaines expériences de la vie. Il arrive des moments où l’on aimerait avoir quelqu’un pour vous tenir la main et vous aider à entrer et sortir ; mesurer la frontière qui partage les expériences, vous faire toucher des réalités tout en vous permettant de garder votre recul, de garder une saine objectivité qui vous permette d’accomplir des progrès.

 // ** INTERROGATION - NO 5 ** //

 

 

Accomplir des voies de progrès seul est terrible ; ne vous sentez vous pas terriblement seul parfois face au monde ? Ne devient-on pas un étranger pour celui-ci ? Un agent pathogène qu’il convient d’évacuer car ne rentrant plus dans le cadre de ce que le système est capable de lui offrir ; lorsque l’on remet en cause ses valeurs fondamentales, « la masse », là aussi pour le pire ou le meilleur si l’énergie que vous fournissez n’est pas suffisante pour briser un équilibre, tant bien que mal, trouvé ; en d’autres termes, le "breaching" sur un individu nécessite peu d’énergie pour autant que celui-ci ait une structure psychologique et des schémas cognitifs et mentaux peu résilients ; sur un groupe c’est plus difficile, sur une société encore plus. Il faut trouver le bon point d’appui, la faille logique qui conduit au déséquilibre du réseau et permette de le faire muter. Ce qui est encore plus difficile derrière cela, c’est de prévoir les mutations et les effets de ce que l’on engage. J’ignore si la source de l’affaire SBF était en mesure de prévoir les effets de ses propres actions. Et si les réactions agaçées et énervées lues sur la fin, paraissaient bien étrange dans le contexte qui nécessite un degré de sophistication et d’évaluation des personnalités, et laissent place au doute positif.

 // ** INTERROGATION - NO 6 ** //

 

 

J’ai l’impression de passer ma vie à me retenir pour ne pas briser les équilibres. A moins que ce ne soit de la peur qui me paralyse, mais l’énergie nécessaire à la transformation des choses est parfois investie tellement vainement (sans retour) que j’aimerais pouvoir être persuadé de ne pas perdre mon temps ; au début je parle, puis finalement, je me tais ? A quoi bon ? Ca intéresse qui ? Pourquoi tant de luttes pour le dérisoire ?

 // ** INTERROGATION - NO 7 ** //

 

 

Je ne pense pas avoir l’obsession du contact ; l’urgence et la recherche à tout prix sur ce plan serait évidemment contre productive, pour bien des raisons ; on peut bien finir par trouver tout ce en quoi l’on est prêt à croire. Mais essentiellement il s’agit de garder et conserver son équilibre personnel, et ce qui fait notre spécificité : notre humanité, notre objectivité de bipède terrestre poilu, notre indépendance d’esprit. Et non une dissolution dans des modes de pensées qui ne nous appartiendraient pas. Il s’agit de créer notre propre « complexité » et notre propre « harmonie » terrestre.

Ce sont les aspects spirituels, éthiques, et les moyens de réalisation et de mise en place d’une conduite du changement adaptée à l’humanité qui essentiellement m’intéressent. C'est-à-dire travailler pour construire une société qui prenne fondamentalement en compte la problématique de l’échange entre groupes sociaux de natures différentes ; cela dépasse évidemment le cadre de la problématique ET, nous retombons dans la recherche de stratégies pour une théorie unitaire de l'action, de la communication… Les notions de progrès et finalement la recherche et l’établissement d’une morale « universelle » basée sur des définitions rigoureuses. Disons une méta-morale qui englobe de façon harmonieuse celles que nous connaissons.

Honnêtement, je pense que c’est le genre de truc qui n’intéresse, guère les ufologues, plus pressés de serrer le tentacule de l’ET ou de monter dans la soucoupe qu’autre chose. Cependant, la structure sociale du réseau humain et les moyens de le faire progresser nécessite je pense la prise en compte d’une dimension « ET » ; c'est-à-dire un ou plusieurs observateurs indépendants, extérieurs à l’humanité qui d’une certaine façon peuvent renvoyer de l’information permettant de construire du progrès. Bâtir une stratégie de communication, ou de conduite du changement, s’appuyant sur des échanges avec une source exogène, qui disposerait d’outils de surveillance et de monitoring adaptés ; et en passant par des filtres humains doit constituer une solution intéressante.

Ce que je déplore le plus finalement, au travers de cela, c’est le manque de moyen pour agir. Malgré la bonne volonté de dizaines de milliers de personnes, il existe des contraintes importantes : quelques personnes de pouvoir dominent financièrement le monde, des structures militaires, politiques et économiques engagent la vie des hommes, et parfois le dépassent complètement. Peut-on encore être un « leader » super-charismatique et un seul homme arriver à « changer » le monde ? Peut-être… Mais ce serait un pari stupide je pense que de vouloir essayer. Le « pouvoir » pour le bien de tous peut-il être établi ? Ne sommes nous pas plutôt dans des schémas de « pouvoir » d’opposition, de partis, qui dissolvent les pensées originales et constructives ?

 // ** INTERROGATION - NO 8 ** //

 

 

« Qui » mesure au nom de l’humanité les progrès spirituels et humains accomplis et qui est capable d’aller dire aux nations que certaines choses ne vont pas ? Là, il s’agit de moyens, donc. Et encore, regardons de quoi est capable l’ONU aujourd’hui. Souvent réduite à compter les coups…

Bref, d’un certain point de vue, nous voilà bien démunis. Et je cherche et j’essaye de comprendre quelles peuvent être les meilleures stratégies pour agir, au bon moment et au bon endroit.

Or, j’ai la faiblesse de penser, que l’observatoire de l’humanité et des systèmes complexes, de la capacité à réaliser des diagnostiques fins sur le « malade » et au travers de cela, peut-être, optimiser les moyens d’action ; c’est une façon de se mettre en position de méta-observateur. D’où mon intérêt pour rechercher un/des contacts +directs avec la/les sources. D’une certaine façon je l’observe comme un processus itératif ; où l’on se rapproche de la source, sans nécessaire dialoguer directement avec elle. Les filtres étant imposés par principe de précaution, ce qui me semble naturel et normal.

 // ** INTERROGATION - NO 9 ** //

 

 

 

Simplement, l’aspect frustrant et décourageant, c’est de ne pas observer de progrès tangibles dans la qualité et la quantité des informations communiquées ; les échanges ayant un caractère sporadique, sans montrer de continuité dans le temps. Je me demande parfois : « qu’est ce qui a été loupé/oublié ? » ou « y a-t-il eu une voie non explorée, laquelle, pour quelle moyens, pour aboutir à quoi, n’est ce pas faire fausse route ? ». Et finalement, comme il ne s’agit pas d’attendre un retour de la source, j’en reviens à ma question première : comment évaluer les progrès accomplis ?

 // ** INTERROGATION - NO 10 ** //

 

  

 


 

 

De : "Mel Vadeker"
Envoyé : lundi 20 février 2006
À :
"XXXXXXXXXXXX"
Objet : Re: RE: Re: courrier des lecteurs - reponses aux interrogations

 

 Je réponds aux interrogations, voir les pointeurs sur ton texte.

 


1/ Appartenir au monde ou rester un étranger ? Le dilemme de l'observateur.

La confrontation avec le vivant ne peut nous éloigner avec notre propre mortalité, comme disait Robert Jaulin, "on ne peut pas faire l'économie d'être vivant". Un simple observateur même s'il se veut objectif ne peut pas faire comme s'il était en dehors du monde, il a une responsabilité à la fois envers lui même et encore plus envers le terrain dans lequel il est immergé. On peut ainsi, se rapprocher d'une réflexion éthique sur le rôle de l'observateur, sur sa capacité à agir pour améliorer ou aider le sort des individus sans pour autant perturber ou aggraver un contexte socio-affectif.

 

 

2/ Est-ce que cela vaut la peine de subir des chocs et des transformations psychologiques lors d'une confrontation avec l'inconnu ?

Lorsqu’une personne est initiée, elle pénètre dans un autre monde de sensations, de connaissances, elle se fait guider. Un apprentissage se fait justement pour adapter l’histoire personnelle, le vécu avec des données culturelles imposées par le mode de vie. Si l’adaptation ne se fait pas, on risque de vivre une exclusion avec le champ social, le lien d’appartenance se déliant petit à petit. L’appartenance est un sentiment qui s’entretient constamment. La question qui se pose est la suivante, est-ce que j’appartiens au monde que j’étudie ? Suis-je suffisamment un homme de terrain pour comprendre la complexité de mes observations et des mes sentiment ? Tout en sachant que la plupart des données recueillis ne seront pas suffisantes pour rendre état des processus de vie en perpétuation que j’observe et auxquels je suis contraint de participer pour les comprendre.


3/ Peut-on évaluer les progrès personnels accomplis ?

Tu mesures la progression toujours en rapport à quelque chose d’extérieur à toi. En comparant les apports respectifs des membres d’une communauté au travers de confrontation et de débats. Le jugement se fait par les aînés, les pairs, les membres expérimentés de la communauté à laquelle on cherche un assentiment. Le problème que tu soulèves, c’est l’autoévaluation en dehors de tout système de comparaison. Au final il reste l’histoire personnelle qui elle-même se compare à l’histoire des autres hommes. A part vivre comme un ermite dans une cellule, ce qui revient à tenter une évolution plus spirituelle ou mystique pour atteindre une transcendance ; je ne vois pas comment on peut juger de l’évolution de ses croyances et de ses connaissances sans se mettre en confrontation avec l’autre. Lorsque que tu évoques à travail sur soi, et cela se remarque de façon inconsciente ; il y a toujours une adaptation de ses croyances personnelles que l’on modifie avec un contexte culturel, socio-économique, psychologique. Lorsque la vision de soi change et que la vision de la complexité du monde évolue, il y a un changement de repère, le référentiel cognitif se structure de manière autoréférentielle. C’est pour cette raison qu’il est difficile de se juger soi-même sans prendre des points de repère extérieur à soi. Tu peux comparer ta progression historique par rapport à tes actes, tes projets, tes réalisations personnelles ou sentimentales. Ce faisant tu constates que tu a tissé depuis des nombreuses années un réseau d’échanges qui se renforce par les subtilités de la communication, ce n’est pas toujours perceptible car c’est souvent vu comme un « allant de soi », un état de fait implicite qui est une évidence sociale. Pourtant c’est par là qu’il faut commencer pour se voir en évolution. Lorsque tu entretiens des relations sociales, tu travailles à la fois à ton évolution personnelle et par un effet d’immersion, tu agis sur la société. Ce que tu peux ensuite juger c’est de ta capacité à faire changer les choses au sein d’un réseau social, c’est là que se mesure ta capacité d’intervention sociale et c’est d’autant plus marquant que la situation est urgente et dangereuse.

 

 

4/  Comment juge t-on du degré d'humanité et de l'harmonie du monde ?

Tu parles du libre arbitre, de la liberté individuelle et collective, des possibilités de construire une destinée qui ne soit pas préjudiciable à une harmonie. Comment penser cette cohésion et cette morale universelle nécessaire à la construction d’une destinée planétaire ? Nous entrons dans cette complexité des modes de communications entres les diverses systèmes de rationalités, les différentes croyances. Cette confrontation entre les référentiels politiques et socio-économiques constitue ces zones de tensions ou le dialogue prend l’apparence d’un combat pour la domination de l’autre. Le danger réside essentiellement dans l’argument autoritaire, le totalitarisme, cette tentation devient une justification dès que la puissance de détruire l’autre ou de le soumettre se concrétise. La perpétuation de la violence prend forme dans cette lutte pour l’acquisition des ressources stratégiques, des matières premières et s’affirme dans la volonté d’hégémonie et de conquêtes. Cela s’affirme depuis la fin de la Guerre froide, nous sommes entrés dans une sorte de guerre de prédation globalisée.


 

5/ Comment faire son apprentissage ? Un mentor est-il utile ?

Un mentor honnête ne pourra prétendre qu’a une compétence locale et datée, je ne conçoit pas un maître omniscient ou un observateur universel capable de s’affranchir des contradictions qu’implique l’autoréférence. De là, on peut rejeter toutes ses ambitions à la totalité, il y a toujours une incomplétude dans la description d’un système fermé, il restera toujours des variables cachées ou des dimensions non définies au départ. C’est de là que peut naître la critique et la constitution d’un travail de réflexion pour étendre les connaissances, les intégrer à des nouvelles données. L’apprentissage honnête et juste se doit d’éviter cet écueil.

 

La voie de la facilité, dans un acte de soumission intellectuelle, consiste à assimiler des informations sans les traduire dans un contexte personnel d’acquisition des connaissances. La difficulté est de se rendre compte que la connaissance avant d'être acquise ne doit pas nier la curiosité et le questionnement. En d’autre terme, il faut apprendre à penser par soi même avant tout pour développer des facultés cognitives que pour apprendre des vérités toutes faites.

 

 Je me demande si tu ne chercherais pas un coach, quelqu’un qui t’aide à réaliser tes objectifs en te proposant des méthodes adaptées ou un programme de développement réaliste.

 

 

6/ La transmission de connaissances peut-elle se faire à notre dépend ? Comment intervenir sur un collectif ?

On peut être membre simultanément de plusieurs communautés, de divers espaces géographiques et culturels. Ce sentiment d’appartenance et la crainte de l’exclusion sont consécutif d'une pression sociale structurant et entretenant le lien entre l’individu et une collectivité. Tu peux difficilement intervenir sur tous ces liens d’appartenance, à part par une volonté totalitaire de contrôler l’individu dans sa vie privée et publique. Et même dans ce cas, il restera des espaces mentaux, des univers intérieurs, une forteresse mentale verrouillé et hors d’accès. Pour toucher un individu, par influence ou apprentissage, les possibilités d'action se font sur un espace étroit. Les effets du changement sont du ressort des mécanismes mentaux et des interactions avec l’environnement. L’individu se transformant de lui-même par un changement interne.

 

La plage de manœuvre reste étroite. Pour l’affaire SBF, je considère les premiers échanges de Seth comme une affirmation de son appartenance, une première tentative pour s’immerger et se sentir membre sans provoquer un rejet immédiat. Ce sont justement ces réactions émotives construites pour induire une réponse qui sont intéressantes car l’évolution de la communication laisse penser à une intervention préparatoire. Il y a une planification puisque des éléments précurseurs et des avertissements furent donnés en privé afin que les futures interventions choquantes puissent être étudiées avec le recul nécessaire. Ce qui explique ensuite les différents traitements de la part des divers interlocuteurs. De plus, le style des échanges tend vers plus d’indifférence. Une distanciation de plus en plus grande, presque inhumaine dès lors que les premiers échanges privées furent engagés. On lui a même reproché (à Seth) son manque d’humour et son manque de sensibilité. Et cela jusqu’à l’explication sur la nature du protocole de contact qui reste un moment choquant pour les interlocuteurs. Arrivé à ce point là, la communication ne pouvait se poursuivre tant la demande et la sollicitation était considérable. Ce qui provoqua la participation de Duncan pour réintroduire des sentiments, une émotivité et une provocation nécessaire pour clôturer ensuite définitivement ce flot d’échange. Je pense qu’il y a eu une préparation et une adaptation du style d'intervention pour aller au plus loin dans la provocation et la stimulation du changement. Ne pas oublier que la résistance au changement et la provocation sert la psychothérapie, ce sont des moyens supplémentaires s’ils sont employés correctement pour canaliser l’énergie et la motivation afin de participer à la mutation du système de croyance personnel. Lorsque tu laisses une situation évoluer après une intervention choquante, sans introduire de correctifs, tu introduits une confusion qui fait ressortir les présupposés, les préjugés. Alors s'expriment les croyances basiques qui guident l’action et qui participent aux règles de la cohésion sociale, rien de tel pour expérimenter sur le fonctionnement de microgroupe. Un exemple de manipulation dans le style du dossier ummo, à la fois des expériences qui servent à produire des études comportementales et des interventions pour influencer le développement technoscientifique d'un réseau social.

 

 

7/ Comment être certain de ne pas perdre son temps dans des recherches futiles ?

Tu sous estimes, ou même néglige la valeur d’un échange d’opinion. Dans une recherche intensive ou sur le long court, ce sont des éléments important qui donnent des idées essentielles et suffisantes. Je pense que tu désires un retour rapide sur tes préoccupations alors qu’en quelques années tu as déjà pu enrichir ta compréhension des phénomènes scientifiques qui te préoccupent, par exemple les thèmes sociaux et cognitifs, sur la modélisation du comportement et l’infométrie. Tu as pu faire des rencontres et échanger des idées. N’est-ce pas une avancée suffisante et nécessaire ? Peut être désires-tu une accélération des échanges dans une voie d’intensification. Dans ce cas tu te retrouves dans une situation inconfortable, car tu est à la limite de diverses contributions conventionnelles et insolites.

 

 

8/ Comment penser un mode de gouvernance qui touche au sens de la vie ? La complexité des pouvoirs et contre pouvoirs dissolve t-elle les pensées originales et constructives ?

La construction d’un contre pouvoir civil, qui par bien des égard se manifeste au travers de divers associations et mouvements politiques, reste un exemple qui fonctionne. Dès qu’un réseau politique à l'ambition de représenter des millions de personnes et à lui substituer l’image unique d’un leader, on se retrouve alors dans des organisations où les luttes d’influence internes et externes constituent le moteur principal du jeu politique. Cela s’accompagne du nécessaire jeu de séduction et de rassemblement. Une campagne politique revient à faire de la publicité sur un choix qui n’est pas toujours rationnellement défini. Nous entrons dans le domaine de l’émotionnel, de la fabrique du consentement, du marketing, du populisme. Plus on essaye de s’adresser à une masse informe, la plus large possible, et plus on emploie des techniques de propagande moderne. Nous avons là deux extrêmes :

 

- les mouvements qui luttent pour défendre une cause collective,  historiquement non politisé  mais pouvant le devenir, par exemple les mouvement écologistes, les défenseurs de l’environnement, les associations de défense de consommateurs ou de victimes, les mouvements de défense de liberté contre des tendances monopolistiques et totalitaires.

- les groupes politiques constitués sur une base historique et des références philosophiques établies.

 

La solution idéale, serait la constitution d’un réseau d’entités politiques autonomes oeuvrant dans une direction philosophique commune. Projet très difficile, il n’y a qu’a voir la difficulté de fédérer les mouvement alter mondialiste.

 

 

9/  Y a t-il un intérêt à se rapprocher de la source ? Cela peut-il se faire malgré la présence de filtres imposés par principe de précaution ?

Je pense qu’il s’agit d’un débat sur l’utilité de faire appel à des supplétifs humains comme point de contact avec ces sources inconnaissables, ou d’interfaces protocolaires comme simulacre d’une communication directe. Tu as pu constater à quel point ces deux situations sont source de perturbations et de mécontentements.

 

 

10/ Malgré les contacts et les échanges sporadiques, comment dépasser le découragement ? Comment juger du progrès sans un retour ni évaluation en provenance de la source ?

L'affaire ummo n'est pas qu'une suite d'analyses documentaires ou de controverses, c'est plus que cela. On peut voir cela comme un vaste chantier où se croisent des réseaux confidentiels de contactés, des anonymes, des services de renseignements étatiques et privés, des ufologues patentés à la recherche d’une reconnaissance, des mythomanes, des charlatans, des scientifiques faillibles qui désirent faire avancer une recherche scientifique, des pseudo chercheurs qui sont avant tout des cherchant de l’étrange épris de ce désir secret d’être adoubé par des êtres célestes, des curieux amateurs d’ésotérisme, des passionnés qui transigent avec la rigueur pour supporter leurs propres convictions, des intrigants et j’en passe, il y en a pour tous les goûts. Nous avons un patchwork humain des plus intéressant, la nature humaine s’y reflétant parfaitement.

 

Tu remarqueras que la source intervient plus volontiers en direction de groupes informels, également vers des personnalités charismatiques qui ont une capacité à rassembler autour d’eux. On perçoit alors l’intérêt manipulatoire et le degré de sophistication des influences sur les comportements. Pour autant que j’en juge, ces expériences - sur du matériel humain - sont négatives du point de vue du cobaye et positives du point de vue de l’expérimentateur. Le bilan général ne portant pas atteinte à l’intégrité physique, on ne peut que constater des désordres socio affectifs, des dépressions pour ceux qui s’investissent le plus, le risque psychopathologique induit n’est pas entretenu par la source, ce n’est pas une motivation apparente.

 

Tu as donc logiquement plus de chances de recevoir cette rétroaction sur l’évaluation des progrès si tu participes au débat public au sein d’un collectif dont l’activité repose sur des fondements « éthique – philosophique - technique » qui sont compatibles avec tes exigences scientifiques.

 

Autre point remarquable, les critères de validité pour constituer une personnalité intéressante pour une confrontation avec la source ou un contact, trouve des points communs avec les critères de validité de la prétention  pour constituer une ethnie d’une personne (en ETM), au nombre de trois :

- une très grande force d'authenticité
- une très grande force d'interrogation du monde
- une très grande force d'affirmation ;

 

Et on n'hésite pas à qualifier la coexistence de ces trois caractéristiques dans un même individu, de phénomène remarquable. On peut comprendre les efforts des uns pour entretenir et encourager ces qualités et des autres pour les saper.