PANNEAU AUNESSETREK(*)

 POUR RÉDACTEUR EN GRÈVE

(*) : expression ambigüe qui reste à définir dans le lexique de la rubrique à brak, appartient au champ lexical du manifestant gréviste


09 mars 2017

Etant donné que le comité de rédaction de l'indirection me casse les pieds, je manifeste ici !

Il parait qu'il y a des lecteurs contrariés et qu'il faut les ménager, parce que dans le lot il y a des gens à l'esprit fragile et des déséquilibrés.

Le fait de montrer un panneau indicateur pour les dissuader de lire sans précaution, de trop s'impliquer émotionnellement, et de donner des indications de prise du recul, tout cela ne serait pas suffisant.

Mais que faire alors ? Ajouter une signalétique sur chaque page avec des formules pour dire ce qu'il faut penser, comment penser et ce qu'il faut croire.

Cela ne sera probablement pas suffisant, il faudrait peut-être aller plus loin encore, et procéder à la censure d'un contenu qui dépasse les formes conventionnelles.

Ou alors que je me soumette à la pression de la communauté des mécontents et retourner tout contrit par les reproches, dans le rang de la conformité ?

Mais on est loin du compte, vivre sous les attaques perpétuelles, continuer de surfer sur la vague au mépris du danger, répondre aux provocations et déjouer les pièges, et il y a encore des enragés qui ne comprennent pas le message.

J'ai une idée, je fais comme un Hollywood, la grève du scénariste. A moins de construire une page  idiosyncrasique où chacun pourra mettre ce qu'il voudra.

En attendant ce grand soir, voici un intermède vidéo, un autre message à caractère informatif :

 


16 mai 2018 :

Le texte intitulé "son nom est personne" qui pourtant fait rire personne ne convient pas au comité de rédaction de l'indirection. (voir plus haut pour comprendre le contexte)

A la suite d'une "private joke" avec un correspondant qui a fait le pari que je ne pouvais pas montrer la différence entre la capacité de rédacteur et celle d'orchestrateur d'influences émanant de réalités non ordinaires, j'ai eu l'idée de faire un mixage entre deux textes. J'étais persuadé que les amateurs éclairés ne seraient pas étonnés si je faisais quelques boursoufflures pour apparier deux choses différentes. Dans un contexte d'indifférence générale, qui cela pouvait-il vraiment gêner quand la plupart des gens dorment et font de mauvais rêves ?

Je me demandais s'il était possible de faire ce texte gigogne, en intercalant les paragraphes à la volée, pour faire naitre la possibilité d'un double sens dans la figure et le fond du langage, peut être avec des messages cachés ou dans un découpage qui touche la surface et la profondeur de la page.

De toute façon ce n'était que quelques rythmiques sans conséquences dans la longue série de plaintes du drôle de jeu de rôle. Je l'ai même évoqué dans le corps du texte comme une référence à l'auto-parodie et au passage du temps ancien vers le temps nouveau. Il fallait se méfier des apparences et ne pas se perdre dans les paradoxes de l'écriture. Ce n'est pas parce que je ne peux pas apaiser les choses dans le deuxième cercle que je ne peux pas faire quelque chose pour le troisième.

Mais voilà que se joue un autre niveau de complexité, le comité de rédaction de l'indirection qui pointe le bout de son nez parce que j'ai encore dépassé ma charge d'amortissement des surtensions. On me recommande aimablement de ne pas trop interférer et de remettre la trame originale par la suppression des paragraphes qui appartiennent à autre contexte. Je pourrai utiliser ce texte par la suite dans des circonstances plus appropriées.

On dirait bien que j'ai perdu mon pari, le mélange des genres a été remarqué et ne plait pas à tout le monde. Il faut encore sauver les apparences dans la cacophonie ambiante, découper les contextes et les recadrer. Je suppose que c'est peut être pour ménager la chèvre et le choux ou apaiser ceux qui prennent tout au premier degré. Je remets donc ce texte qui parle de Personne dans son état initial, une version expurgée du tiers et qui le diminue pour un tiers.

Il y a donc deux textes au lien d'un seul, pour deux populations qui ne veulent pas se parler. Personne est d'accord avec moi, il faut apprendre à écouter sans apriori et continuer de croire aux fables et à leur morale même si personne n'écoute personne.

 


16 décembre 2018 :

Le texte intitulé Communication impensable avec l'extra-terrestre, a été censuré par le comité de rédaction de l'indirection. En particulier le chapitre "expérience de pensée sur la communication impensable". Il s'agit du dernier paragraphe, en pied de page, tel que vous avez pu le lire :

Ils nous connaissent mieux que nous-mêmes, ce qui revient à dire qu'ils se méfient de nous et limitent soigneusement tout contact de façon à ne pas aggraver nos troubles de la personnalité et nos éventuelles folies collectives. Ils pensent peut être que nous sommes dans une sorte d'asile planétaire gouverné par des fous, financé par des irresponsables et approuvé par une masse endormie. Que feriez-vous si vous étiez à leur place ? Sûrement pas intervenir selon des conceptions terrestres du contact avec une civilisation d'un autre monde. Il est difficile de se mettre à la place de quelqu'un qui vit en dehors de l'asile, il faut être un peu naïf pour penser le contraire. Essayez donc de vous mettre à la place d'un fou dangereux qui essaye de rivaliser avec son thérapeute.

 

Il y avait une version courte et une version longue de ce texte. La version longue a été mise à l'index parce qu'elle pouvait contrarier le lecteur sensible. J'utilise donc ma liberté d'expression pour dénoncer cette censure. De mon point de vue, le paragraphe méritait d'apparaître ainsi :

Essayez donc de vous mettre à la place d'un fanatique de la vérité qui essaye de comprendre un phénomène qu’il ne comprend pas, de quelqu'un qui ne sait pas grande chose sur ce qui lui échappe et qui reste persuadé d'être capable de dévoiler une vérité cachée. Si ce fanatique n’a aucune atteinte organique et fonctionnelle, n’a pas d’antécédents psychiatriques ou de désordres affectifs, il ne reste plus qu’à considérer son désordre mental comme une affection qui perturbe son mode d’accès et de traitement de l’information. Il n’y a alors rien d’irrémédiable ou d'irréversible, seulement une propension à divaguer selon les fantasmes et les penchants naturels.

On peut essayer de lui expliquer que ce qu’il cherche à atteindre reste hors de portée tant qu’il n’a pas de moyens d’accès à une information de premier plan. S’il s’agit de quelque chose qui reste pour lui incompréhensible et qu’il ne peut pas comprendre, c’est peut-être parce qu’il lui manque des connaissances pour reconnaître quelque chose d'impensable et de non identifié. S’il s’agit de quelque chose qu’il veut analyser mais qui reste mystérieux, peut-être faut-il qu’il recherche une méthodologie et de nouveaux outils pour traiter l’information. Si malgré tout cela, ce fanatique de la vérité n’arrive toujours pas à cerner son problème, il ne lui reste plus qu’à prendre son mal en patience et reconnaitre qu’il ne sait pas, qu’il ne peut pas savoir et qu’il n’a aucun moyen de savoir. C’est là d’une force logique à toute épreuve.

Malheureusement la réalité humaine ne fonctionne pas sur les mêmes critères que la logique du bon sens. Ce fanatique de la vérité va toujours essayer d’imaginer des explications sans fondements sur une réalité hors de sa portée. Il pourra aussi rivaliser avec d’autres chercheurs de vérité, dans une sorte de reconstruction imaginaire selon la combinaison des projections psychologiques. Considérant que ce qui leur échappe les autorise à tout imaginer, à tout produire, à tout faire tant qu'ils ne prennent pas conscience que la réalité peut les contredire. Ils ne prennent alors plus le temps de réfléchir sur ce qu’ils ne savent pas, mais imaginent ce qu’ils croient savoir. C’est là toute la nuance, à défaut d’une réflexion argumentée sur la base d’indices ou de preuves concrètes, d’une prise de position argumentée qui ne craint pas la critique, dans l'acceptation des contre-propositions et d'une mise à l’épreuve du raisonnement ; c’est plutôt la solution de facilité qui est utilisée, la porte ouverte à tous les excès.

Il est probable que ce chercheur de vérité ne se rende pas compte de la situation intenable où il se trouve, et qu'il lui est impossible d'avoir le recul pour prendre conscience de son état, ni même d'imaginer qu'il existe un niveau d'observation qu'il ne peut pas concevoir. S'il est capable de faire son autoanalyse, il pourra peut-être accepter le point de vue de quelqu'un d'autre dans un contexte diffèrent du sien. Qu'il se sache en difficulté ne change rien à son problème, s'il considère que les contradictions ne méritent pas de se confronter avec la pluralité des opinions et des divergences de vues, s'il refuse les alternatives qui peuvent remettre en question les fondements de son raisonnement. En faisant la sourde oreille, il renforcera sa conviction d'être capable de dévoiler cette vérité qui lui échappe.

Qui peut alors prévoir jusqu’où il ira, victime des illusions qu'il entretient, produisant sans cesse des biais de confirmation en prévision de toutes les dissonances cognitives qu’il aura à gérer. Comment communiquer avec un quelqu'un qui ne veut pas se remettre en question, sur le piédestal de son estime de soi et qui se croit plus fort que ses contradicteurs ? Comment faire pour débattre avec lui lorsqu’il joue de son influence pour contrer toute remise en question des fondements de son propre savoir ?

Imaginons qu’il nous explique sa manière de penser : « Je sais que j’ai raison même si je peux en douter, mais je pense que je n'ai pas besoin de critiques car j’imagine le réel tel qu’il pourrait être et cela me suffit. Je n’ai pas besoin de faire d’efforts et cela ne m’intéresse pas de savoir ce qu'il m’arrive. Je suis un chercheur de vérité, et il n’y a qu’elle qui m’intéresse. »

Face à un tel discours, peut-on le considérer comme un grand délirant ? Peut-on se servir de sa manière de penser pour l’aider tout de même ? Si on n’y arrive toujours pas, peut-on communiquer par la ruse et utiliser des stratégies hors normes ? En cas d’échec, faut-il lui faire prendre conscience d’une contrainte qu’il ne pourra pas nier ou l’aider par la négociation pour qu’il se remette de lui-même sur les rails ?

Les possibilités de résolutions existent sans que cela ne soit toxique, ni que cela altère l’intégrité physique et la liberté d’expression. Il apparaît alors une étrange perspective où l'on pourrait créer une sorte de théâtre de résolution des problèmes en prenant en compte l'évolution des croyances de tout un chacun.